V. Filiol « le Milicien »

Partie IV

. Contre le maquis (1944)

Le 1er janvier 1944, Joseph Darnand devient le nouveau secrétaire général au Maintien de l’ordre tandis que son adjoint, Jean Degans, obtient la direction des Renseignements généraux. Avec eux, les Ultras de la collaboration sont enfin aux commandes de l’Etat français1. L’une de leurs premières décisions sera d’obtenir de Pierre Laval la libération de leur ancien camarade, Jean Filiol.

Lorsque ce dernier recouvre la liberté, il ne peut que constater l’évolution de la donne politique et militaire. Autant la victoire de l’Allemagne apparaissait encore comme réaliste en novembre 1942, autant sa défaite est désormais perçue comme inéluctable. Les enjeux du moment sont donc graves et pressants, bien loin des querelles picrocholines qui agitaient encore les milieux collaborationnistes quinze mois plus tôt. Car depuis lors il y a eu Stalingrad (janvier 1943), le débarquement en Italie (août 1943), la chute de Mussolini (septembre 1943) et la perte progressive de la maîtrise du ciel par la Luftwaffe. En France, le maréchal Pétain a été totalement marginalisé depuis le retour de Laval et surtout depuis l’invasion de la Zone libre. La plupart des projets de Révolution nationale ont d’ailleurs été enterrés. Placé dans une situation de plus en plus délicate, le président du Conseil se contente à présent de louvoyer à vue entre les différentes factions, s’enfonçant toujours un peu plus dans la compromission avec l’Allemagne. De son côté, la Résistance a considérablement accru ses effectifs et ses capacités d’action. Pour tenter de la réduire, les Allemands ont finalement accepté de mettre de côté leurs scrupules et d’armer des fascistes français, ce qui a permis de mettre sur pied la Milice Française en janvier 1943.

Malgré cette évolution on ne peut plus malheureuse pour lui, Filiol choisit pourtant de rester fidèle à ses premiers engagements. A l’invitation de son libérateur, Darnand, il intègre donc la Franc-Garde, l’unité combattante de la Milice française et endosse alors le célèbre uniforme bleu foncé des chasseurs alpins frappé du gamma. Avant d’accepter de le libérer, Laval a bien insisté pour que Filiol se tienne tout à fait « tranquille » et c’est pourquoi ce dernier n’obtient tout d’abord aucune affectation particulière. Mais la situation se détériore si rapidement que toutes les forces disponibles finissent par être les bienvenues.

Au début du mois de mai 1944, Filiol est donc envoyé dans le Limousin au sein de la Franc-Garde, avec pour mission d’y combattre l’action des maquis communistes. Sous le nom de « Deschamps », il devient alors le nouveau chef du 2ème service de la Franc-Garde du Limousin, et donc l’homme en charge de toute les questions de sécurité et de renseignement. Installé au petit séminaire de Limoges, il va travailler sous les ordres directs de Jean de Vaugelas (1913-19572), le chef milicien local, et en liaison étroite avec les services allemands de l’Abwehr et du SD dirigés par les officiers August Meier et Erik Barhels. Le département du Limousin est alors en grande partie contrôlé par les FTP de Georges Guinguoin, qui est sans doute le plus puissant chef maquisard de France. Cachés dans les forêts de châtaigniers, les maquisards peuvent s’appuyer sur une population qui leur est largement acquise, à tel point que même l’armée allemande n’ose pas pénétrer dans certains secteurs.

Pour l’assister, Jean Filiol a recruté une équipe d’hommes de main où l’on va retrouver notamment Jean Thomine3, Roger Gaussens, un certain du Barry, ainsi que Maurice Peyronnet dit « Lucas », qui va devenir son chauffeur personnel. En tant qu’auxiliaires de la police allemande, les miliciens de Filiol ont une capacité d’initiative supérieure à celle de la police française. Ils ont le droit de perquisitionner les domiciles privés ou publics ainsi que celui d’appréhender toutes les personnes qu’ils estiment suspectes. Après que le secrétaire d’Etat à la Justice leur en eut donné l’autorisation, ils auront aussi le droit de juger leurs prisonniers devant des cours martiales et, éventuellement, de les condamner à mort et de les exécuter. Ils ont donc reçu beaucoup de pouvoir et ne vont pas se priver pour en user. Le 8 mai, son ami Henry Charbonneau est grièvement blessé lors d’une opération menée près du village de Saint-Yrieix-la-Perche, là où les miliciens pensaient pouvoir trouver Guinguoin. Deux jours plus tard, Filiol accompagne les Allemands lorsqu’ils descendent en Dordogne pour mener une grande rafle de suspects dans les rues de Périgueux.

A compter du débarquement en Normandie, les combats avec la Résistance deviennent de plus en plus violents. Le 7 juin 1944, la ville de Guéret est même prise d’assaut par des maquisards qui vont la contrôler pendant deux jours entiers avant d’en être finalement chassés par une contre-offensive allemande. Le 8 juin 1944, Darnand décrète la mobilisation générale de ses hommes. Le centre-ville de Limoges se transforme alors en un véritable camp retranché. Filiol joue un rôle important dans la répression. Il dirige lui-même les interrogatoires des suspects qui ont été arrêtés par ses hommes. L’une de ses victimes les plus célèbres sera Victor Renaud, membre du réseau Alliance. Arrêté le 28 mai et questionné par Filiol en personne dans le village creusois de La Souterraine, il sera condamné à mort par une cour martiale de la Milice et fusillé dans la prison de Limoges le 23 juin4. Filiol fait aussi parfois le coup de feu. Le 27 juin 1944, à Saint-Victurnien, il dirige avec ses hommes une embuscade contre des résistants à l’issue de laquelle douze maquisards seront tués.

Lorsque Jean de Vaugelas est remplacé par Emile Raybaud, Jean Filiol, qui ne s’entend pas avec ce nouveau chef qu’il juge trop indulgent, obtient de pouvoir quitter le Limousin pour gagner l’Auvergne. Il installe alors ses quartiers rue Torrilhon à Clermont-Ferrand où, sous le nom de code de « Denis », il va poursuivre son action anti-maquisarde pendant encore plusieurs semaines sous les ordres du chef milicien local, Jean Achon. Il rencontre aussi sans doute le commandant local du SD, l’officier Paul Blumenkamp, qui emploie plusieurs agents hauts en couleur, à l’instar d’Ursula Brandt, surnommée « la Panthère » à cause de sa cruauté, ou encore les français Georges Mathieu et Jean Vernières, qui dirigent un Sonderkommando particulièrement redouté pour sa violence. Le 13 juillet, Filiol est directement impliqué dans la tuerie d’Orcines, au cours de laquelle les Allemands vont exécuter vingt-quatre résistants (dont le maire de Saint-Floret), après les avoir extraits de la prison de Clermont-Ferrand.

. L’exil allemand (1944 – 1945)

Le 10 août 1944, au moment où s’achève la bataille de Normandie, Joseph Darnand transmet à ses hommes un ordre de repli général. Filiol quitte alors Clermont-Ferrand pour s’installer à Vichy, où les chefs miliciens sont en train d’évacuer leurs bureaux en toute hâte. Dans la nuit du 24 au 25 août, le cortège se met finalement en route. Après avoir traversé la Bourgogne, Filiol et les siens vont d’abord gagner Nancy, avant de pénétrer le 2 septembre 1944 dans l’ancien camp d’internement du Struthof en Alsace, le lieu que les Allemands ont choisi pour y regrouper la Milice. Si le voyage s’est déroulé dans une ambiance tendue, il a été à peu près sans encombre. Il n’en ira pas toujours de même pour les autres convois de miliciens. Au milieu des bombardements alliés et des embuscades tendues par la Résistance, leurs colonnes gagneront très péniblement la vallée du Rhône. Au cours de ce long trajet, les affrontements seront quasi quotidiens et plusieurs dizaines de miliciens périront lors de ces combats d’arrière-garde. Il était temps d’ailleurs. Le 13 septembre les armées alliées débarquées en Normandie et celles venues de Provence font leur jonction. La nasse s’est définitivement refermée.

Au Struthof, Filiol retrouve bientôt Darnand, Knipping, Gombert, Degans, Charbonneau ainsi que la quasi totalité des autres chefs miliciens. Bassompierre a reçu de Darnand la mission de remettre un peu d’ordre dans cette troupe. Tout le monde devra ainsi renoncer à ses grades et à ses titres. Fini les privilèges et les prébendes, on repart à zéro. Du 21 au 24 septembre, après deux semaines de repos, les Miliciens embarquent dans des trains à destination du camp de Siessen, près d’Ulm.

Assez logiquement, le Reich va ainsi devenir le dernier refuge du collaborationnisme français. Ce dernier apparaît plus affaibli et divisé que jamais. Une Commission gouvernementale française, présidée par Fernand de Brinon, s’est installée à Sigmaringen, où près de 1 500 réfugiés politiques, dont Pierre Laval et Philippe Pétain, vont devoir cohabiter dans une ambiance particulièrement délétère5. Les membres du PPF ont préféré faire bande à part. Installés à Constance avec leur chef, Jacques Doriot, ils vont y constituer, en janvier 1945, un  Comité de Libération français dont l’audience restera confidentielle.

Quant aux milliers miliciens encore stationnés près d’Ulm, ils vont être dispersés en décembre 1944. Tandis que les moins valides iront à Sigmaringen, les femmes et les enfants resteront à Siessen. Environ 2 000 hommes constitueront un corps de réserve installé à Heuberg. Enfin, la majorité d’entre eux sera regroupée à Wildflecken en Thuringe. Amalgamés avec d’autres Français appartenant à diverses formations de l’armée allemande (Kriegsmarine, NSKK, etc.), ils vont former la division SS Charlemagne. En février 1945, ils seront envoyés se battre contre les Soviétiques en Poméranie … très peu en réchapperont.

Mais Filiol ne connaîtra pas ce sort funeste. Aux côtés de Jean Degans, chef du 2ème service de la Milice, de Marcel Gombert, l’homme de main de Darnand, et d’Albert Beugras, représentant de Doriot, il a en effet été choisi par les Allemands pour superviser l’opération « Maquis blanc » (octobre 1944).

Nommé au poste de directeur général de la police, Jean Degans a en effet été placé sous l’autorité des officiers SS Hermann Bickler et Otto Skorzeny. Avec leur appui, il a crée une section de renseignement, dont il a confié la direction à l’ancien commissaire Pierre Poinsot, ainsi qu’une section de sabotage, l’Organisation Technique (OT), dont il a souhaité donné la responsabilité à Jean Filiol, alias « Gilbert Denis ». La mission de l’OT consistera  à former des agents français qui devront ensuite être parachutés derrière les lignes ennemis afin de renseigner les Allemands sur les mouvements alliés et perturber les lignes de ravitaillement en menant des actions de sabotage. Peut-être, du moins l’espère-t-on, parviendront-ils également à constituer des « maquis blancs ».

Trois centres d’entraînement ont été rapidement créés : l’OT-1, basé à Wald, où l’on va enseigner les techniques de renseignement, l’OT-2 à Hausen, où l’on apprendra le sabotage, et enfin l’OT-3 à Wiesbaden, où l’on formera les futurs opérateurs radio. En quelques mois, Filiol et son partenaire allemand, le lieutenant Schubert, vont ainsi instruire une centaine d’hommes. Du fait du caractère très secret de leur mission, les agents de l’OT vont devoir vivre à part des autres exilés français. Ils seront considérés comme l’élite de l’élite. Le romancien Louis-Ferdinand Céline laissera d’ailleurs d’eux un portrait saisissant dans plusieurs de ses ouvrages publiés après-guerre, D’un château l’autre et Rigodon, dessinant au passage Jean Filiol sous les traits d’Horace Restif. Mais malgré cette préparation minutieuse, l’opération « maquis blanc » va échouer  lamentablement. Tous les agents déployés au cours des neuf parachutages effectués de décembre 1944 à janvier 1945 ayant été rapidement arrêtés ou contraints de s’enfuir6.

A la mi-janvier 1945, une fois consommé l’échec de la contre-offensive allemande des Ardennes, les réfugiés français d’Allemagne finissent par réaliser que la partie est perdue. Un angoissant compte à rebours commence. Et tandis que certains se préparent à livrer un ultime combat, la plupart songent déjà à l’argumentaire de leur défense.

. Le baroud italien (1945)

Mars 1945, Sigmaringen. Assis sur la banquette d’un stamm (brasserie), Jean Filiol déguste avec ses camarades un hareng à l’oignon, des moules vinaigrette et une soupe aux choux accompagné d’un vin bulgare. Entre deux alertes aériennes, il songe sans doute à cet étrange destin qui, depuis les rues tranquilles d’Angoulême, l’a amené jusqu’à ce restaurant aux murs tapissés de trophées de chasse. Lucide, il ne croit plus à ces fameuses « armes miracles » qu’évoque pourtant sans cesse la propagande allemande, car il sait bien que voilà déjà bien longtemps qu’elles auraient été utilisées si elles existaient vraiment.

Il vient d’apprendre que, le 12 mars, Joseph Darnand avait pu rencontrer à Gardon le général SS Karl Wolf, le commandant des forces allemandes stationnées dans le nord de l’Italie. Il sait qu’un accord a été conclu. A partir du corps de réserve de la Charlemagne toujours basé à Heuberg, la Milice va pouvoir constituer un bataillon de 500 miliciens qui partiront dans le Nord de l’Italie afin d’appuyer l’armée allemande dans sa lutte contre les partisans communistes. Cette formation a reçu le nom de « bataillon Carus », du nom de son chef opérationnel, Georges Carus.

Rapidement contacté, Jean Filiol s’est dit favorable au projet et a décidé d’y participer. Puisque les Miliciens doivent mourir, qu’au moins ils puissent le faire les armes à la main. Au moment même où le premier bataillon de l’armée de Lattre vient de franchir le Rhin, Filiol de son côté passe donc le col du Brenner avec le dernier carré de la Milice, dont Darnand, Degans et Gaucher.

Après un détour par Milan, les chefs finissent par rejoindre le « bataillon Carus » qui s’est déployé à Sesto puis à Tirano. Le 12 avril, la troupe reçoit la mission d’aller dégager les villages de Grosotto et de Grosio, situés dans la vallée de la Valtellina. Or, autant la prise de Grosotto sera aisée, autant celle de Grosio va s’avérer difficile. Les partisans locaux, qui sont de rudes montagnards, sont aussi d’habiles tireurs. Treize miliciens seront tués et trente autres blessés au cours des combats, dont Filiol, atteint au pied en tentant d’aider l’un de ses camarades pris sous le feu ennemi. Le bataillon doit décrocher et de replier à Tirano.

Mais la partie est déjà perdue. Lorsque Darnand arrive à son tour à Tirano le 22 avril, la 1ère armée française vient tout juste de faire son entrée dans le château de Sigmaringen, vidé de ses hôtes sur ordre du commandement allemand. Au sud du massif alpin, les choses ne vont guère mieux. Bloqués depuis le mois de décembre 1944 par la résistance allemande le long de la « Ligne gothique », les Américains et les Britanniques ont déclenché leur offensive finale le 6 avril 1945 (« opération Grapeshot »). Après neuf jours de combats acharnés, ils réussissent finalement à percer le front ennemi. Dès lors les succès s’enchainent rapidement. Le 21 avril, Bologne et Parme tombent entre leurs mains. Le lendemain, Reggio et Modène ouvrent leurs portes tandis que Gênes est conquise par les partisans. Dès le 23 avril, les Anglo-Américains franchissent le Pô. Le lendemain, le commandement général de la résistance italienne déclenche une insurrection générale. Le 25 au soir, Mussolini quitte Milan avec son gouvernement. Alors qu’il espérait pouvoir passer en Suisse, il sera finalement fait prisonnier par les résistants le 27 avril et fusillé le jour suivant. Le 29 avril, le général allemand von Vietinghoff accepte de signer l’acte de capitulation du groupe d’armées C, qui prendra effet le 2 mai.

Au même moment, les derniers miliciens français se retrouvent encerclés dans Tirano aux côtés de quelques SS italiens. Les 24 et 25 avril, ils subissent une violente attaque des Partisans italiens. Retranchés dans une caserne, ils se défendent pied à pied au prix de 25 tués et 60 blessés dans leurs rangs. Mais, dans l’après-midi du 25 avril, après une dernière et longue journée de lutte, ils acceptent finalement de se rendre et de déposer les armes contre la promesse d’avoir la vie sauve. Dans la matinée du 26 avril, Darnand salue une dernière fois ses hommes. Ceux qui ont le plus à perdre enfilent alors des vêtements civils et tentent de passer la frontière suisse, située à seulement quelques centaines de mètres. Mais les autorités helvétiques refusent de leur accorder l’asile politique et les refoulent. Ils choisissent alors de se disperser sur les routes avec l’idée d’essayer de se faire passer pour des prisonniers français évadés des camps allemands. Beaucoup sonnent aussi à la porte des églises et des monastères dans l’espoir de recevoir une aide… que souvent ils obtiendront.

Activement recherchés par la police militaire britannique, appuyée qui plus est par des agents du renseignement français (DST et DGER réunis), la plupart de ces fugitifs seront cependant capturés au fil des jours et des semaines suivantes7. Mais un petit carré de hauts responsables miliciens – dont Francis Bout de l’An, Jean Degans, François Gaucher, et probablement Jean Filiol, parviendront toutefois à réchapper au piège.

A suivre…

Notes :

1 Le 13 juin 1944, Darnand sera également nommé secrétaire d’Etat à l’Intérieur. A la même époque, Philippe Henriot avait obtenu le poste de secrétaire d’Etat à l’Information (6 janvier 1944) et Marcel Déat était devenu ministre du Travail (16 mars 1944).

2 Jean de Vaugelas venait de participer à la reconquête du plateau des Glières. Réfugié en Argentine après la guerre, il mourra dans un accident de voiture sans doute accidentel, bien qu’une rumeur ait affirmé qu’il s’agissait d’un assassinat organisé par les services secrets français.

3 Filiol finira par renvoyer Thomine de la milice, après que ce dernier eut violé une institutrice à l’issue d’une séance d’interrogatoire particulièrement « musclée ».

4 Les historiens Delperrié de Bayac et Jacques Delarue estiment que Filiol aurait pu avoir une part de responsabilité dans le terrible massacre commis le 10 juin 1944 par la Division SS Das Reich à Oradour-sur-Glane. Ils pensent en effet que le choix du village d’Oradour-sur-Glane s’est décidé lors d’une réunion organisée à Saint-Junien dans la nuit du 9 au 10 entre les chefs SS et les principaux adjoints de Filiol (Pitrud, Thomine, Tixier et Camille Davoine). Cette version est contestée par plusieurs autres spécialistes.

5 A Sigmaringen, les exilés français se sont rapidement scindés en deux groupes. Il y eut d’une part les « actifs », qui souhaitent continuer le combat pour l’Europe allemande, et d’autre part les « passifs », qui, estimant avoir été emmenés en Allemagne contre leur grès, refusent toute collaboration. Dans le premier camp on retrouvait en particulier de Brinon (aidé de Déat, Luchaire, Bridoux, Bruneton, etc.), mais aussi Darnand et Doriot. Dans le second camp figuraient Pétain, Laval, et plusieurs de leurs ministres.

6 Jacques de Bernonville sera notamment parachuté près de Melun pour saboter un pipe-line de l’armée américain. Il est probable que des relais haut placés au sein de la Commission gouvernementale de Sigmaringen aient permis aux Alliés de connaître avec exactitude le nombre, la date et l’emplacement des parachutages.

7 Joseph Darnand comptait beaucoup sur ses liens avec l’Eglise catholique pour tenter de gagner l’Amérique du sud. Après avoir remis une partie du trésor de la Milice au couvent des Serviteurs de Marie, à Notre-Dame de Tirano, il se cacha dans la montagne, à Edolo, chez la sœur du père Bonfliglio. Dénoncé par des habitants, il fut finalement arrêté dans une grange par la police britannique, le 25 juin 1945, en compagnie du prêtre qui devait l’accompagner en Toscane. Confié à la police française, J. Darnand fut amené à Nice puis transféré à Fresnes. M. Gombert, H. Charbonneau et M. Knipping seront arrêtés à Milan le 24 mai. Jean Luchaire sera appréhendé à Merano le 18 mai, de même que Marcel Bucard le 24 mai.  Tous sauf Charbonneau seront fusillés. Marcel Déat parviendra en revanche à demeurer caché dans un couvent italien jusqu’à sa mort en 1955.

Crédit photographique : Défilé de miliciens en 1944. Bundesarchiv, Bild 101I-720-0318-04 / Koll / CC-BY-SA 3.0 [CC BY-SA 3.0 de (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/de/deed.en)%5D, via Wikimedia Commons

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