Greg Vogle (III) : la seconde période afghane

. Un second épisode irakien (2007-2009) ?

            Il n’est pas évident de pouvoir retracer avec une parfaite exactitude la carrière de Greg Vogle mais il semble bien qu’en janvier 2007 et après trois années passées à Kaboul, il a finalement dû quitter l’Afghanistan pour rejoindre Baghdâd, le directeur de la CIA, Michael Hayden, ayant choisi de lui confier un haut poste au sein de la station irakienne, peut-être même celui de COS.

Installé au cœur de la Green Zone, Vogle va travailler en collaboration étroite avec le commandant militaire, le général David Petraeus, ainsi qu’avec le général Stanley MacChrystal, le patron des forces spéciales, avec lequel il développera une véritable amitié.

Bien qu’elle comporte des similitudes évidentes avec celle de l’Afghanistan, puisque l’armée américaine doit là aussi faire face à une insurrection armée s’appuyant sur un discours essentiellement religieux, la situation irakienne est en réalité très différente.

Tout d’abord il existe ici une fracture très nette entre shi’ites, sunnites et kurdes, une division séculaire, à la fois politique, confessionnelle, ethnique et culturelle, qui conditionne réellement toute approche du problème. Ensuite, l’insurrection irakienne apparait très disparate et divisée alors qu’en Afghanistan, la direction des talibans est parvenue, bon gré mal gré, à maintenir sous son autorité la plupart des groupes actifs de la guérilla. Enfin et surtout, il y a eu un Etat central en Irak jusqu’en mars 2003 et cette situation a installé des structures et surtout conditionné des réflexes et des habitudes chez la population qui n’existent absolument pas en Afghanistan. Là-bas, en effet, le conflit dure depuis si longtemps qu’il a considérablement atténué le sens de l’Etat (et cela d’autant plus qu’avant 1978 les tribus avaient déjà souvent eu leur mot à dire face aux institutions).

Toujours est-il que c’est en s’appuyant sur une grille de lecture très fine des rapports de forces existant en Irak ainsi que sur un usage à la fois massif et en même temps très ciblé de la puissance militaire américaine que le trio formé par Petraeus, McChrystal et Vogle va parvenir à triompher (du moins pour un temps) de l’insurrection irakienne. Définitivement acquis dès le printemps 2008, ce succès permettra à Washington d’entamer le retrait progressif de ses troupes, un retrait qui deviendra effectif à la fin de l’année 2011.

V. Le théorie de l’Afpak

. Le second passage à Kaboul (2009-2010)

            Mais alors que les choses s’améliorent ainsi lentement en Irak, la rébellion continue de se renforcer un peu plus chaque jour en Afghanistan. Poursuivant leur combat asymétrique, les talibans évitent autant qu’ils le peuvent la confrontation directe. Chaque nuit, leurs troupes partent enterrer des engins explosifs qui s’activeront le lendemain au passage des soldats étrangers. Ils harcèlent les postes isolés à l’aide de tirs de mortier, détruisent des convois de ravitaillement logistiques et montent quand ils le peuvent des embuscades avant de décrocher dès l’arrivée de l’aviation.

En décembre 2009, Vogle va devoir retourner à Kaboul en tant que chef de station. A vrai dire, il est très rare qu’un ancien responsable reparte ainsi travailler dans l’antenne qu’il a déjà dirigée. Si cette opportunité a été donnée à Vogle, c’est que les personnels de l’Agence implantés en Afghanistan traversent alors une véritable crise de confiance, une crise causée par un épisode qui a souvent été raconté et dont nous ne donnerons donc ici que les principaux éléments.

Tout a commencé lorsque la CIA s’est lancée dans une opération particulièrement délicate. Il s’agissait en effet de traiter une « taupe » supposément implantée au sein d’Al-Ka’îda, en l’occurrence un citoyen jordanien répondant au nom de Humam al-Balawi. Médecin de formation, l’homme avait été recruté à Istanbul par les services de renseignement de son pays d’origine, qui l’avaient ensuite mis en contact avec les Américains. Parti s’installer au Pakistan, Al-Balawi était parvenu à réaliser ce qu’on appelle dans le jargon des services une « montée en structure ». Ayant réussi à approcher les cercles dirigeants du TTP, il avait déjà fourni des éléments de bonne valeur et prétendait même pouvoir aider à localiser Ayman az-Zawahiri, le n°2 d’Al-Ka’îda.

Jennifer Lynne-Matthews, la cheffe du poste de Khost, avait donc décidé d’organiser une rencontre directe afin de mettre en place avec lui un plan d’action. Dans la soirée du 30 décembre 2009, le prétendu agent fut pris en charge dans les zones tribales puis convoyé de nuit jusqu’au camp Chapman. Pour une raison inconnue, il n’avait pas encore été fouillé et c’est alors que ses interlocuteurs s’approchaient de lui qu’il fit exploser la ceinture d’explosifs qu’il portait à la taille. Très violente, la déflagration tua nette Lynne-Matthews ainsi que six autres fonctionnaires de la CIA. Jamais l’Agence n’avait enregistré une telle perte humaine de toute son histoire. Le chef de station, Philipp Reilly, perdit évidemment sa place et Vogle fut rappelé en urgence pour essayer de ramener un peu de sérénité.

Une fois à Kaboul, il va donc reprendre place dans le bureau qu’il avait quitté près de trois ans plus tôt et l’un des premiers à le recevoir sera naturellement Hamid Karzaï. L’officier va alors vite pouvoir constater que l’optimisme relatif qui prévalait encore au moment de son départ a fini par s’éroder. De fait, l’insurrection talibane a su démontrer une étonnante capacité de résilience. Elle est ainsi parvenue à se maintenir dans ses fiefs traditionnels tout en étendant ses activités à des zones encore largement épargnées jusque-là.

Cette situation délétère provoque d’ailleurs d’assez vives tensions au sein du leadership américain, chaque administration ayant naturellement tendance à renvoyer la faute vers l’autre. Ainsi le Département d’Etat se montre-t-il souvent irrité devant l’importance prise par les militaires et les organes de renseignement, dont il estime que les initiatives gênent sa politique.

Peu de temps après être arrivée sur place, Greg Vogle va ainsi entrer en conflit avec l’ambassadeur américain, Karl Eikenberry, qui finira par lui interdire de contacter directement Hamid Karzaï sans passer au préalable par les services de l’ambassade. Au bout de quatre mois cependant, la Maison-Blanche choisira de trancher en faveur de Vogle et lèvera donc l’interdiction formulée par Eikenberry (avril 2010).

Ayant désormais les coudées franches, Vogle va devenir, aux côtés du nouvel ambassadeur Ryan Crocker et du commandant en chef, Stanley McChrystal[1], l’un des maîtres d’œuvre de la nouvelle stratégie voulue par le président Barack Obama.

. La guerre tous azimuts

Missionné par la Maison-Blanche, McChrystal a établi en août 2009 un bilan très complet de l’action menée par les Etats-Unis depuis 2001 en Afghanistan et le moins que l’on puisse dire est qu’il est particulièrement négatif.

D’après le général, la préparation puis la conduite de la guerre d’Irak ont largement détourné l’attention du Pentagone de la question afghane et cela dès le printemps 2002. A compter de l’année suivante, les meilleures unités et les matériels les plus performants ont été attribués au théâtre irakien au détriment de l’Afghanistan. Depuis maintenant huit ans, les Américains épuisent leur énergie en multipliant les opérations ponctuelles[2] sans parvenir à inscrire ces actions dans le cadre d’un projet politique à long terme.

Habilement, les talibans ont su profiter de ces failles pour avancer leurs pions. Dès l’été 2002, leurs chefs ont commencé à reprendre contact entre eux avant de renouer ensuite le fil avec leurs militants sur le terrain. Lentement mais sûrement, ils sont parvenus à rétablir leurs circuits financiers et leur chaîne d’approvisionnement logistique. Par la dissuasion ou par la violence, ils ont imposé leur autorité dans certains districts ruraux, constituant des réseaux de renseignement, établissant des systèmes de planques, prenant le contrôle des mosquées et instaurant des tribunaux chargés de mettre en œuvre leur propre vision de la justice. Dans de nombreux secteurs du pays, ils sont parvenus à instaurer un véritable Etat dans l’Etat.

A partir de 2004, lorsque l’OTAN a décidé d’étendre son champ d’action à l’ensemble de l’Afghanistan, les soldats occidentaux (jusque-là cantonnés à Kaboul et donc relativement épargnés par les violences), ont été confrontés pour la première fois à des situations de guerre. Cette évolution a constitué un véritable choc, non seulement pour eux mais aussi et surtout pour leurs opinions publiques respectives. Craignant de subir des pertes, ils ont commencé à ne plus sortir de leurs bases si ce n’est au milieu d’énormes convois surarmés qui les font plus ressembler à une armée en transit qu’à une force chargée d’occuper un terrain.

La gestion opérationnelle de ce théâtre de guerre si lointain et si excentré pose de lourdes difficultés. Du fait des rotations auxquelles sont soumises leurs unités, la plupart des officiers et des soldats occidentaux accomplissent des missions de six mois dans une zone précise avant de devoir repartir ensuite dans leurs pays d’origine. Et si quelques-uns vont éventuellement revenir dans le pays au bout de trois ou quatre ans, ce sera presque toujours dans une autre région que celle de leur première affectation. Comment, dans de telles conditions, avoir le temps de s’adapter et de comprendre l’environnement ? Pour le dire de façon imagée, on peut dire que les Américains n’ont pas fait la guerre pendant dix ans mais qu’ils ont fait vingt fois de suite une guerre de six mois.

La plupart des militaires du rang n’ont d’ailleurs aucune idée précise de ce pour quoi ils se battent, si ce n’est qu’ils sont là pour affronter le « terrorisme », un terme vague qui, en réalité, ne veut pas dire grand-chose, car un paysan armé d’un village du Faryab a-t-il quelque chose de commun avec un cadre syrien d’Al-Ka’îda, hormis le fait d’avoir le même adversaire ? Peu au fait du contexte humain, mais aussi de la situation géopolitique, les soldats occidentaux ne parviennent pas à mesurer à sa juste valeur la complexité du terrain afghan. Leur méconnaissance des subtilités de la culture locale entrave souvent leur capacité à se faire accepter comme de véritables partenaires.

Leur doctrine d’emploi trouve aussi fréquemment ses limites. Ayant été formés pour détruire un antagoniste clairement identifié, ils ont du mal à évoluer sereinement au sein d’un espace où l’ennemi parvient à se fondre avec aisance dans la population, où l’adversaire d’un jour peut se rallier à vous le lendemain et où celui que l’on est supposé considérer comme un allié se comporte parfois comme un vulgaire criminel.

Surtout, les soldats occidentaux doivent constater à leur grand déplaisir qu’une bonne partie de la population ne supporte en réalité aucun camp et cherche uniquement à survivre, ce qui, dans le cas présent, suppose d’être la plus passive possible. Certains soldats compensent cette incompréhension culturelle et ce sentiment généralisé d’insécurité par un usage immodéré du feu, provoquant ainsi d’innombrables bavures qui ne font au final que renforcer la colère des habitants et donc les rangs des insurgés. Le problème est qu’en agissant ainsi les Occidentaux se fabriquent plus d’ennemis qu’ils n’arrivent à en éliminer.

Quant à la CIA, le général Michael Flynn, l’adjoint de McChrystal en charge des questions de renseignement, la critique tout aussi vertement. Concentrée sur la gestion du dossier anti-terroriste, elle n’a pas assez anticipé les conséquences politiques, sociales et économiques que cette lutte n’a pas manqué d’engendrer. Focalisée sur une gestion à court terme marquée par la culture du résultat, elle est restée quasiment aveugle sur la nécessité de prendre en compte le contexte global.

Sur la base de ce constat sévère, McChrystal a donc décidé de changer de paradigme et de passer d’une politique de contre-terrorisme à une politique de contre-insurrection (Counterinsurgency, COIN). Bénéficiant du ferme appui de son supérieur, le général David Petraeus, désormais à la tête de l’US-CENTCOM (le commandement central des forces armées américaine, qui est chargé de la conduite des opérations en Irak et en Afghanistan), il a obtenu le 27 mars 2009 de l’administration américaine qu’elle lui assure les moyens nécessaires à ses ambitions en acceptant d’envoyer sur place plus de 30 000 soldats supplémentaires (The Surge).

Disposant à présent de plus de 110 000 soldats (auxquels vont s’ajouter environ 30 000 hommes issus d’une quarantaine de pays alliés), l’armée américaine va essayer de repartir à la conquête du terrain perdu face à l’insurrection. Des troupes d’assaut connues pour leur redoutable combattivité vont aller s’implanter au cœur de zones considérées comme des bastions inexpugnables de l’insurrection. Ces opérations vont parfois mobiliser plusieurs dizaines de milliers d’hommes ainsi que de très importants moyens techniques, comme lors de « Khandjar » (juillet 2009), « Moshtarak » (février 2010) et « Dragon Strike » (septembre 2010), trois offensives de grande ampleur menées dans les provinces de Kandahar et du Helmand.

Au lendemain de ces actions, les forces occidentales vont établir un maillage serré de bases militaires et de postes d’observation afin de pouvoir empêcher le retour des insurgés. Avec le même but, des nuées de drones vont être chargées de repérer le moindre mouvement suspect puis, éventuellement, de neutraliser ses auteurs. Les Américains vont investir d’immenses sommes d’argent afin d’essayer d’améliorer la formation et la qualité du matériel utilisé par les forces de sécurité afghanes. Ils vont armer de nombreuses milices villageoises (arabaki) et financer la construction (ou la reconstruction) de mairies, de tribunaux, de routes, d’écoles et de dispensaires, tout en axant une partie de leurs efforts sur la protection de la condition féminine.

De leur côté, les unités des forces spéciales du JSOC (Joint Special Operation Command) commandées par l’amiral William McRaven vont multiplier les raids nocturnes à travers tout l’Afghanistan avec pour ambition, non plus seulement d’éliminer les responsables de l’insurrection, comme cela avait été le cas par le passé, mais bien tous les cadres de moindre importance, ces artificiers, logisticiens, juges, facilitateurs et autres responsables de groupes qui constituent en réalité la colonne vertébrale de l’insurrection. Entre les seuls mois de mai et d’août 2010, le JOSC parviendra ainsi à abattre 365 cadres locaux au cours de raids nocturnes de Kill or Capture tout en faisant près de 1 400 prisonniers. 

Les Etats-Unis vont aussi accroître la pression sur le Pakistan, un pays dont ils ont bien compris qu’il était un élément fondamental du problème. Dans le cadre de la stratégie dite « Afpak », la CIA va s’atteler à éliminer de façon méthodique et impitoyable tous les responsables d’Al-Ka’ida ou des talibans implantés dans les zones tribales pakistanaises.

Débutée en juin 2004 avec l’élimination de Nek Mohammad Wazir, un chef tribal pachtoune opposé à la présence américaine, cette campagne d’éliminations ciblées, menée à l’aide de drones Reaper et Predator, va connaître une formidable montée en régime. Pour ce faire, la CIA va choisir de faire évoluer ses règles d’engagement. Elle ne se contentera plus d’effectuer des frappes contre des personnes bien identifiées (Personality Strike) comme par le passé, mais pourra désormais viser des personnes répondant à une certaine « signature » (Signature Strike) comme le fait de porter des armes dans une zone donnée, de fréquenter un lieu connu pour abriter des militants, d’être en relation avec un individu recherché, etc. De même, elle va généraliser la technique de la double frappe (Double Tap) consistant à cibler les personnes venant secourir les blessés après une frappe ou bien celles se rendant aux funérailles d’un individu récemment éliminé.

Du fait de cette évolution tactique, le nombre de frappes va pouvoir passer de 4 en 2007, à 36 en 2008, 54 en 2009 et 122 en 2010. Vogle sera naturellement impliqué dans la plupart des enquêtes préliminaires à ces opérations et ne cessera de prôner une approche plus agressive à cet égard.

Les Américains vont aussi faire pression sur les Pakistanais pour qu’ils mettent la main sur la direction du mouvement taliban, ce qui sera en partie chose faite lorsque leur principal chef politique, Abdul Ghani Baradar, va être arrêté et placé en résidence surveillée en février 2010.

Ayant bénéficié d’un plan d’aide américain de 1,5 milliards de dollars par an sur cinq ans, le gouvernement d’Islamabad et l’état-major de Rawalpindi vont aussi accepter de lancer des offensives militaires de grande ampleur dans le but de détruire les sanctuaires talibans implantés le long de la frontière. Ces opérations vont se dérouler depuis la vallée de Swat (mai 2009) jusqu’au Sud-Waziristân (juin 2009) en passant par l’Orakzai et le Kurram (mai 2010) et pour finir au Nord-Waziristân (opération Zarb e Azb, juin 2014). Cette guerre oubliée mais terriblement violente aurait fait entre 40 000 et 60 000 tués.

. Le basculement (2010-2012)

Mais si les résultats de la nouvelle politique américaine seront notables, notamment dans le sud de l’Afghanistan, ils ne permettront pas pour autant de retourner la situation.

L’une des principales raisons de cet échec tient à ce que les deux phases de la stratégie américaine, la répressive (le clearing « nettoyage ») et la constructive (holding and building « tenir et construire »), devaient en principe se succéder dans le temps, la première ayant pour but de s’effacer rapidement au profit de la seconde. Or, en déplaçant habilement leurs troupes au grès des mouvements américains, les Talibans et Al-Ka’îda vont parvenir tant bien que mal à combler leurs pertes et à reconstituer leurs réseaux d’approvisionnement, ce qui va leur permettre de poursuivre leurs attaques. Cette situation inattendue va contraindre les Américains à mener de façon simultanée les deux volets de leur stratégie, si bien qu’ils vont s’annuler mutuellement. Car comment une armée pourrait-elle prendre soin d’une famille et obtenir sa confiance lorsque, dans le même temps, elle continue de tuer ses membres, de détruire ses maisons, de ravager ses champs, d’abattre ses bêtes et de terroriser ses enfants ?

Alors que s’achève l’année 2012, il apparait d’ailleurs que la chaîne de commandement de l’adversaire est restée plus ou moins intacte tandis que sa discipline et son unité politique n’ont pas été brisées[3]. Les insurgés sont même parvenus à s’implanter dans des zones où ils n’avaient jamais été présents par le passé. Dans les provinces de Faryab ou du Badakhshan par exemple, ils ont su faire monter en compétence des chefs ouzbeks (Qari Salahuddin) ou tadjiks (Qari Fasihuddin), ce qui leur a permis de s’implanter dans le tissu local.

Ils ont aussi continué de mener des attaques de grande ampleur jusqu’au cœur des zones les plus sécurisées du pays, visant notamment des hôtels de luxe (28 juin 2011), l’ambassade américaine de Kaboul (13 septembre 2011 et 15 avril 2012), le consulat américain de Peshawar (avril 2010), le palais présidentiel afghan (18 janvier 2010), les sièges de plusieurs ministères et bien sûr des bases militaires (l’attaque spectaculaire du Camp Bastion le 14 septembre 2012 leur a même permis de détruire plusieurs avions de la coalition). Afin de saper la relation entre les soldats locaux et leurs moniteurs étrangers, les Talibans ont aussi fait de leur mieux pour infiltrer des hommes à eux dans les forces de sécurités afghanes, à tel point qu’en 2012, près de 15% des pertes occidentales seront ainsi causées par des attaques menés par des soldats ou des policiers afghans[4].

A l’inverse de leurs opposants, les responsables gouvernementaux afghans continuent de se complaire dans des divisions politiques et des conflits de personnes. Tandis que les anciens « seigneurs de la guerre » pensent surtout à faire prospérer leurs réseaux mafieux et à réinvestir leurs profits dans le Golfe, en Turquie ou dans les pays occidentaux, les anciens cadres communistes, recyclés par les Américains en 2001, sont devenus les apparatchiks du nouveau régime. Ils ont envoyé leurs enfants étudier dans des universités occidentales (le propre fils de Massoud sera éduqué à Sandhurst) et vivent dans une sorte de « bulle » sécurisée qui se trouve de plus en plus en décalage avec le pays profond.

En parallèle, la manne financière déversée par l’Occident a généré des niveaux de corruption faramineux et une gabegie parfois ubuesque, une bonne partie de l’argent se perdant au profit d’une série d’intermédiaires et de sous-traitants avant d’atteindre ceux auxquels elle est théoriquement destinée.  Enfin, certaines troupes d’élite mises à part, les forces de sécurité afghanes continuent de faire preuve d’un manque évident de combattivité et surtout d’efficacité dès qu’elles ne sont plus directement soutenues par les Américains. La drogue fait aussi des ravages parmi des soldats, dont la bonne moralité est loin d’être la première des vertus.

En somme, les belles présentations réalisées sur PowerPoint par les membres de l’équipe de Petraeus (Stanley McChrystal, Michael Flynn, David Kilcullen, John Nagle et Herbert MacMaster) se sont bel et bien heurtées au réel[5].

D’ailleurs, le président Karzaï lui-même a fini par douter de la capacité des Américains à pouvoir s’imposer par la force. Les nombreux liens qu’il a conservés avec le pays réel, notamment dans la région de Kandahar, l’ont convaincu que l’insurrection ne cessait pas de monter en puissance et d’étendre son emprise.

Dès le mois de mai 2005, il a ainsi favorisé la création du programme Tahkim e-Solh (« Consolidation de la paix »,) qui devait permettre à d’anciens insurgés ayant déposé les armes d’obtenir une amnistie, une compensation financière et même leur intégration au sein des forces de sécurité.

En septembre 2007, il décide d’aller encore plus loin et, prenant le contre-pied d’une administration américaine qui s’en tient toujours à une ligne très offensive, évoque pour la première fois publiquement la nécessité de parvenir à une solution négociée avec les Talibans. En novembre 2009 puis en juin 2010, il ne va pas hésiter à qualifier ces derniers de « frères » et ceci alors même que la communauté internationale continue de considérer leur mouvement comme une organisation terroriste et criminelle.

Hamid Karzaï est pourtant mieux placé que quiconque pour connaître la dangerosité de ses adversaires. En juillet 1999, son propre père, Abdul Ahad, a été assassiné à Quetta par des individus sans doute liés à cette mouvance. Le 12 juillet 2011, c’est son frère et principal représentant dans le sud du pays, Ahmad Wali Karzai, qui est tué dans un attentat. A peine une semaine plus tard, son meilleur allié tribal, Djan Mohammad Khan, meurt à son tour dans une embuscade. Le 20 septembre 2011 enfin, son plus proche conseiller politique, Mohammad Masoom Stanikzai, est sérieusement blessé dans un attentat qui va par ailleurs coûter la vie au prédécesseur de Karzaï à la tête de l’Etat afghan, Burhanuddin Rabbani.

Tous ces drames vont paradoxalement renforcer la volonté du président d’essayer d’en finir avec ce conflit interminable et meurtrier. Il ne pose pour cela que deux conditions, tout d’abord que les Talibans rompent leurs liens avec le Pakistan et ensuite qu’ils acceptent de reconnaître la légitimité de son régime.

Une partie de l’administration américaine partage d’ailleurs cet avis, ce qui explique que, tout en ayant placé le mouvement taliban sous une redoutable pression militaire, les Etats-Unis vont malgré tout entamer avec lui leurs premières tentatives de dialogue. Le paradoxe n’est qu’apparent d’ailleurs puisque l’idée consiste justement à dégrader suffisamment la puissance militaire de l’adversaire pour que celui-ci n’ait plus d’autre choix que d’accepter la main qu’on lui tendra. Les Etats-Unis espèrent aussi pouvoir ainsi fractionner la rébellion, soit en obtenant la reddition massive de groupes insurgés, soit en amenant une partie de ses dirigeants à accepter de dialoguer. Il sera alors d’autant plus facile, du moins le pense-t-on, d’isoler les plus radicaux avant de les éliminer, physiquement et/ou politiquement.

Dès le mois de mars 2009, rompant avec le dogmatisme de son prédécesseur George Bush, le président Obama reconnaît ainsi dans une interview au New York Times que des négociations sont possibles avec des éléments « modérés » des Talibans. Par l’intermédiaire des familles royales saoudiennes et qatari, Frank Ruggiero, alors haut fonctionnaire au département d’Etat[6], va donc entrer en contact avec un certain Tayeb Agha, l’ancien secrétaire personnel du mollah Mohammad ‘Omar.

Agha sera invité une première fois à Munich en novembre 2010 avant de participer à deux autres cycles de négociations, d’abord à Doha en février 2011, puis de nouveau à Munich en mai 2011. En août 2011, une rencontre sera même organisée à Dubaï entre Ruggiero et Ibrahim Haqqani, le frère cadet et porte-parole de Djalaluddin Haqqani. Alors que la délégation diplomatique talibane va peu à peu s’étoffer au fil de ces discussions (avec l’arrivée de Mohammad Abbas Stanikzai, qui va remplacer Tayeb Agha), de nouveaux échanges auront ensuite lieu à Riyadh puis à trois reprises à Chantilly, en France, à partir de décembre 2012. En juin 2013 et après bien des atermoiements, les Talibans seront finalement autorisés à installer un bureau diplomatique permanent à Doha, une chose encore tout à fait impensable quelques mois plus tôt.

La pression exercée jusque-là sur le Pakistan retombe alors quelque peu, si bien que les libérations de dirigeants talibans vont s’enchaîner (Noorudin Turabi et Abdul Bari Akhund recouvreront ainsi la liberté en janvier 2013). En mai 2014 et en échange de la libération d’un sergent américain capturé cinq ans plus tôt, les Etats-Unis eux-mêmes vont accepter de relâcher en mai 2014 cinq dirigeants talibans détenus à Guantanamo depuis la campagne de 2001.

Il faut dire que deux grandes annonces ont été faites fin 2010 début 2011 qui ont radicalement changé la donne politique. Le 20 novembre 2010, à l’occasion d’un sommet réuni à Lisbonne, les pays membres de l’OTAN ont officiellement annoncé leur décision de retirer leurs forces d’Afghanistan d’ici 2014. A peine huit mois plus tard, le 22 juin 2011, le président Obama décide d’enfoncer le clou en ordonnant au Pentagone de commencer à rapatrier les troupes américaines stationnées en Afghanistan. Le récent décès d’Usama ibn Ladîn vient tout juste de supprimer la motivation originelle du conflit tandis que les chiffres qu’il a sous les yeux ont manifestement fini par convaincre le président que l’heure était venue d’arrêter les frais.

A cette date, en effet, Barack Obama a bel et bien cessé de croire aux promesses de ses généraux qui lui annoncent tous les six mois qu’ils sont en train de reprendre la maîtrise du terrain avant de conclure que les progrès réalisés sont cependant si fragiles qu’il faudra encore maintenir, et même si possible augmenter, la taille des forces présentes pendant six mois supplémentaires. Le président américain souhaite aussi mettre le gouvernement de Kaboul devant ses responsabilités et lui montrer que la garantie américaine ne sera pas éternelle.

Au motif d’entamer « l’afghanisation » du conflit, les Américains vont donc commencer à évacuer avant de les démanteler les quelque 715 installations militaires (camps, bases et autres postes de combat) qu’ils ont patiemment édifiées au cours des dix années précédentes (ils n’en maintiendront finalement qu’une grosse douzaine). Très peu de ces bâtiments pourront être récupérés par les forces de sécurité du gouvernement de Kaboul et, même lorsque cela sera le cas, leur efficacité militaire s’en trouvera grandement diminuée car les troupes qui en hériteront n’auront pas les mêmes moyens que leurs devanciers. Dès lors, les Talibans n’auront plus qu’à s’infiltrer dans les espaces ainsi ouverts.

. La CIA au cœur de la mêlée

Mais la CIA n’en poursuit pas moins son combat et, devant le manque de fiabilité de ses partenaires afghans, elle va de plus en plus avoir tendance à s’appuyer sur de petites unités composées de supplétifs dont elle assure elle-même le recrutement, la formation, l’équipement et le paiement.

Constituées dès 2001-2002 de façon plus ou moins anarchique sous l’autorité directe des CTPT, ces unités ont été surnommées les Mohawks. Consolidées et structurées au fil des ans, elles ont fini par donner naissance à de véritables formations militaires.

Il en va ainsi de l’unité 01 qui est basée à Kabul, dans le Parwan, le Logar et le Wardak, de l’unité 02 stationnée dans le Nangarhar, de l’unité 03 (également connue sous l’appellation de Strike Force Kandahar, KSF), implantée à Kandahar et dans le Helmand, ou bien encore de l’unité 04, qui rayonne dans les provinces du Kunar et du Nuristan. On peut également inclure dans ce groupe les Gardes de Sécurité Afghans (ASG) d’Azizullah Karwan, implantés dans le Paktika, ou bien encore la Khost Protection Forces (KPF), basée dans la province éponyme.

Toutes ces formations ont fini par être regroupées au sein d’une seule structure, la National Strike Units (NSU). Si elles vont se montrer plutôt efficaces en termes opérationnels, parvenant à détruire de nombreux groupes et réseaux insurgés, leur bilan humain sera en revanche déplorable et elles ressembleront de plus en plus à de véritables escadrons de la mort[7]. Disposant d’une chaîne hiérarchique propre et sans lien direct avec l’Etat afghan, elles vont même contribuer à affaiblir l’autorité et la légitimité de ce dernier aux yeux de la population. En effet, les victimes de leur arbitraire ne pourront que constater, devant le manque de réactivité des autorités légales, que celles-ci sont manifestement impuissantes et donc que le véritable pouvoir se trouve ailleurs. 

Si elle va beaucoup en donner, la CIA va aussi prendre des coups. On a déjà parlé de l’attaque du Camp Chapman, mais d’autres faits plus ou moins similaires se sont évidemment produits avant comme après cet évènement. La CIA a ainsi perdu une quinzaine de ses personnels pendant le conflit afghan, un chiffre qui approche la centaine si l’on compte les membres des forces spéciales tués au cours d’opérations supervisées par l’Agence et qui doit être encore beaucoup plus élevé si l’on enregistre aussi les décès d’agents contractuels travaillant pour la communauté du renseignement, qu’ils soient américains ou afghans.

Certaines affaires ont fait la une des journaux. Ce fut notamment le cas le 27 janvier 2011, lorsqu’un contractuel travaillant pour la CIA, Raymond Davis, a été arrêté par la police pakistanaise après avoir abattu deux jeunes délinquants qui tentaient apparemment de le cambrioler à un carrefour de Lahore[8] (un autre citoyen pakistanais sera par ailleurs tué par l’équipe de sauvetage envoyée par le consulat américain, équipe qui devra du même coup renoncer à sa mission). En fin de compte, Davis ne sera libéré que le 16 mars et uniquement après que le gouvernement américain aura accepté de verser 2,4 millions de dollars aux familles des défunts.

Pour d’évidentes raisons, le type de travail accompli par Greg Vogle suppose naturellement une absolue confidentialité. Or sa « couverture » va bientôt être éventée. Au cours de l’été 2010, en effet, son rôle et l’influence qu’il joue auprès de Karzaï vont être dévoilés pour la première fois dans un article du Wall Street Journal[9].Bien que son véritable nom n’ait pas été cité mais conformément aux règles de l’Agence en cas d’identification publique (spotting « pointage ») de l’un de ses agents, Vogle sera relevé de ses fonctions. Il se verra bientôt remplacé à la tête du poste de Kaboul par son vieux camarade, Chris Wood[10].


Notes :

[1] Né en 1954 et lui-même fils d’un général, Stanley McChrystal a étudié à West Point avant de rejoindre l’armée avec le grade de lieutenant en 1976. Il va accomplir toute sa carrière dans les forces spéciales. Il avait déjà travaillé en Afghanistan en 2002-2003 en tant que commandant de la Joint Task Force 180. Placé à la tête du JSOC, le groupement des forces spéciales américaines, entre mai 2003 et juin 2008, il se rendra de nombreuses fois en Afghanistan avant d’être nommé à la tête des troupes stationnées dans le pays en juin 2009. Moins d’un an plus tard et alors qu’il avait accepté de se laisser suivre par David Hastings, un journaliste travaillant pour le magazine Rolling Stone, il n’hésitera pas à faire des commentaires très acerbes à l’égard de l’Administration américaine. Devant le scandale provoqué par la divulgation de ces propos, Barack Obama décidera de le faire remplacer par David Petraeus en juin 2010. Il est à noter que David Hastings a connu une fin tragique et à vrai dire assez mystérieuse lorsque sa voiture a réalisé une brutale sortie de route à Los Angeles en juin 2013.

[2] Entre 2002 et 2005, les Américains et leurs alliés ont multiplié les opérations de bouclage et de fouille (Cordon and Search) avec, à chaque fois, l’utilisation d’une couverture aérienne rapprochée. Il y eut notamment Mountain Lion dans le Paktya (avril-mai 2002), Jacana à Khost (avril-juillet 2002),  Mountain Sweep à Kaboul (août 2002), Mongoose à Kandahar (janvier 2003), Eagle Fury dans le Helmand (février 2003), Warrior Sweep dans le Paktya (juillet 2003), Haven Denial dans le Paktika (juillet 2003), Mountain Viper à Zabul (septembre 2003), Mountain Resolve dans le Nuristan (décembre 2003), puis Avalanche (décembre 2003), Mountain Blizzard (janvier-mars 2004) et Mountain Storm (mars-juillet 2004) dans tout l’Est du pays, Asbury Park à Zabul (juin 2004) ou encore Lightning Freedom (décembre 2004 – février 2005). Conduite en juin 2005 dans la province du Kunar, l’opération Red Wings a marqué un réel tournant dans la perception du conflit afghan. La mort de 19 soldats américains, dont 11 Navy Seals, vint en effet démontrer que c’était bien une guerre qui se jouait et non pas une simple opération anti-terroriste menée à l’échelle d’un pays. 

[3] Si le Waziristân a été littéralement labouré par les frappes de drones, le fait est que le noyau dirigeant du mouvement taliban a globalement survécu à la guerre, qu’il s’agisse de Mohammad ‘Omar, Mohammad Hassan Akhund, Mohammad Hassan Rahmani, Abdul Salam Hanafi, Djalaluddin Haqqani, Siradjuddin Haqqani, Mohammad Abbas Stanikzai, Amir Khan Muttaqi, Abdul Hakim Shari, Mohammad Yakub ‘Omari, Abdul Qayyum Zakir, etc. La plupart de ces hommes ont vécu à Karachi ou dans le Pendjab et non pas à Quetta comme le disait une rumeur tenace car cette cité offre en réalité bien moins de sécurité pour des clandestins. Les seuls talibans d’importance ayant été tués sont ceux qui se sont imprudemment installés en Afghanistan pour y diriger les combats (Dadullah Akhund en 2007 par exemple). Les principaux chefs religieux pakistanais favorables aux Talibans ont en revanche connu une fin tragique ; Nizamuddin Shamzai de Karachi a été assassiné en mai 2004 de même que Sami ul-Haqq d’Akora-Khatak en septembre 2018. Quant à Ustad Yasir de Peshawar, il a été arrêté par les Pakistanais en 2007 et est porté disparu depuis 2012.

[4] Notons que toutes les attaques commises par des soldats afghans contre des soldats de l’OTAN n’ont pas été le fait d’éléments infiltrés. De fait, les relations entre les locaux et leurs instructeurs occidentaux n’ont pas toujours été empruntes de confiance et de respect mutuel, loin s’en faut.

[5] La réflexion des stratèges américains de la COIN a été exposée dans le Army Field Manual 3-24 publié en décembre 2006 et disponible gratuitement en ligne.

[6] Ruggiero a d’abord servi d’adjoint à Richard Hollbrooke (1941-2010) avant de succéder à ce dernier en tant que représentant spécial des Etats-Unis pour l’Afghanistan et le Pakistan jusqu’en juin 2012.

[7] Quilty, Andrew : « The CIA’s afghan death squads », The Intercept, 20 décembre 2020.

[8] Il est intéressant de noter que Davis a été arrêté dans une Honda VTI avec l’équipement suivant : caméra digitale, radio Motorola, système GPS, pistolet Glock 9mm, cinq chargeurs, téléphone mobile, petit télescope, lampe de poche frontale, pince à découper, lampe infrarouge, passeport ainsi que 5 000 roupies pakistanaises et 120 dollars américains.

[9] Gorman, Siobhan : « CIA Man is Key to U.S. Relations with Karzai », Wall Street Journal, 24 août 2010. L’identité de Vogle sera finalement révélée pour la première fois en février 2012, lorsque, après avoir regroupé diverses sources ouvertes, John Young, le responsable du site internet spécialisé dans le renseignement Cryptome.org, parviendra à révéler au grand public l’identité de l’ancien chef de station de la CIA (alors faussement dénommé Greg Vogel)(cf Anonyme : « CIA chief of Station Named », Cyrptome.org, 13 février 2012).

[10] Fils d’un officier de la CIA, John Christopher Wood, dit « Chris », a obtenu une licence en sciences politiques de l’université de Fairfax, en Virginie. Il a rejoint l’Agence en 1985 où il a d’abord été employé en tant qu’agent de sécurité avant d’être affecté au directorat des opérations. Persanophone, il a rejoint la section chargée des affaires iraniennes avant d’être affecté au poste d’Islamabad en 1997. En septembre 2001, il va venir s’installer en Afghanistan au sein de l’équipe « Jawbreaker ». Après avoir travaillé au poste de Kaboul en tant que chef des opérations (2001-2003), il repartira à Langley pour diriger la Base Alec, l’unité chargée d’organiser le démantèlement d’Al-Ka’îda (2003-2004). Entre 2005 et 2010 on le verra piloter le dossier afghan au sein de la Direction nationale du renseignement (DNI). Nommé en tant que chef de la station de Kaboul après le départ de Vogle, il succédera à Michel d’Andrea à la tête du CTC (2015-2016). Il aurait pris sa retraite en juillet 2016.

Crédit photographique : un paysage du Nord-Waziristan, cette région qui si stratégique durant la longue guerre afghane [Rizwan Ullah Wazir, CC BY 3.0 https://creativecommons.org/licenses/by/3.0, via Wikimedia Commons]

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