Jean Vanor, le « fou » de la collaboration

Jean Vanor, le « fou de la collaboration »

    Un « Pervers instinctif », un « mythomane vaniteux », un homme « instable et anormal », etc. De toute évidence, Jean van Ormelingen, dit « Vanor » (1898-?), n’aura pas suscité que des commentaires enthousiastes de la part de ceux qui ont croisé sa route. Et de fait, comment leur donner tort ? Condamné dès son plus jeune âge pour plusieurs vols, mis à la porte de l’administration publique pour une affaire d’usurpation de titres, il se mettra au service des Allemands pendant l’occupation mais finira par s’attirer leur courroux à cause de ses prévarications ! Conclusion somme toute logique de ce parcours chaotique, il achèvera sa vie dans la fuite et la clandestinité. Mais si l’homme a accumulé les mauvais coups, l’étude de sa trajectoire n’est pas pour autant dénuée d’intérêt. En effet, outre qu’elle offre un angle d’analyse fort utile pour aider à mieux comprendre certains des événements importants auxquels il a été mêlé, elle permet aussi de mesurer la façon dont, avec beaucoup d’aplomb, une bonne dose de cynisme et en profitant d’une époque troublée, certains types d’hommes peuvent accomplir des ascensions sociales et professionnelles tout à fait remarquables… et manifestement hors de propos avec leurs capacités réelles. C’est pour cela qu’il nous a semblé intéressant de réaliser un article sur cet étonnant et méconnu personnage. Comme souvent, nous invitons le lecteur à se montrer indulgent à l’égard des lacunes que contient cette étude, elles sont principalement dues au manque de sources disponibles. Nous serions par ailleurs ravis si d’aucuns pouvaient nous révéler des détails supplémentaires sur le parcours de Jean Vanor et notamment sur l’épisode de sa fuite sud-américaine, qui reste à nos yeux bien mystérieux.

. Le fils de bonne famille

   Celui que ses adversaires présenteront bien plus tard comme un citoyen belge, néerlandais ou encore allemand, était en réalité on ne peut plus français. Il en effet né à Paris le 24 novembre 1898. Si une grande partie de sa vie est entourée de mystère, on peut dire que ce trait distinctif l’a caractérisé dès l’origine. Car Jean Louis Albert Loison, le futur Jean Vanor, est effectivement né de père inconnu. Sa mère, Marie Louise Émilie Loison (1878- ?) n’avait que vingt ans lorsqu’elle le mit au monde et, sur l’acte de naissance, elle refusa d’indiquer le nom de celui qu’elle considérait comme le père de l’enfant. Cette fille de médecin éleva semble-t-il son fils au domicile de ses propres parents à Levallois-Perret.

   En fin de compte, Marie Loison va mettre huit longues années avant de quitter son célibat. Le 2 avril 1906, elle épouse ainsi à la marie de Chelles1 un dénommé Georges Désiré van Ormelingen (1866-1907)2. A la fois poète, critique d’art, auteur de théâtre, essayiste et conférencier réputé, Georges Vanor (de son nom de plume) était une figure assez notable du Paris littéraire de la Belle Époque. Il avait contribué à faire connaître le mouvement symboliste et avait été l’un des plus ardents défenseurs de la musique wagnérienne. Personnage truculent, il n’avait pas hésité à se battre en duel à l’épée avec Catulle Mendès à propos d’un différend sur Hamlet3. Or il n’est pas interdit de penser que Georges van Ormelingen ait été le véritable père de Jean et qu’en épousant Mademoiselle Loison, et donc en légitimant leur enfant (lui donnant ainsi son nom tout en lui permettant d’hériter un jour de ses biens) , il n’ait voulu s’acquitter d’une forme de dette à l’égard de sa maîtresse.

    Toujours est-il que Georges Vanor ne va pas profiter longtemps des joies de la vie de famille puisqu’il va mourir quelques mois seulement après son mariage. Marie Loison va quant à elle se remarier le 1er août 1908 avec un certain Auguste Joseph Noé Filoz. Alors que ce dernier travaillait comme surveillant général au lycée Henri-IV, c’est donc tout naturellement dans cet établissement prestigieux que le jeune Jean va faire ses premières études. Mais il était dit que cette famille resterait marquée par le deuil. En novembre 1912 en effet, Auguste Filoz meurt en laissant derrière lui une épouse désormais deux fois veuve à seulement 34 ans. Ces deuils successifs et cette profonde instabilité familiale et affective ont sans aucun doute affecté la construction psychologique de Jean van Ormelingen et il n’est pas besoin d’être très perspicace pour deviner que ses errements futurs trouvent là une partie de leur origine.

. Le dandy escroc (1918-1920)

   Le 7 décembre 19154, alors qu’il vient de passer brillamment la première partie de son baccalauréat, Jean décide de s’engager dans l’armée. Après la visite de contrôle, il est envoyé au 46e puis au 74e régiment d’infanterie. Le 12 mai 1916, il accomplit une action d’éclat lors des combats menés devant Douaumont5. Sérieusement blessé à l’épaule droite par un éclat d’obus le 22 mai 1916, il va devoir subir une longue convalescence de près d’une année. Anesthésié à l’éther et au formol, opéré à plusieurs reprises, Jean souffre le martyre. Gavé de morphine à titre d’antidouleur, il devient rapidement toxicomane. Le 20 février 1918, il est démobilisé avec une pension d’invalidité de 100%. C’est alors semble-t-il qu’il va commencer à mener cette vie trouble qui lui vaudra plus tard tant d’ennuis. Fréquentant les bars, il devient l’intime de personnages forts peu recommandables.

   Le 30 octobre 1918, à la demande de ses proches, qui souhaitent le voir quitter ses mauvaises fréquentations, il se réengage dans son régiment d’origine et, vu son état de santé, se retrouve affecté comme secrétaire au dépôt de l’unité. Mais la guerre va se terminer moins de deux semaines plus tard et Van Ormelingen, bien que toujours sous l’uniforme, ne va pas tarder à reprendre sa vie dissolue. Dès le 20 novembre, un mandat d’amener est d’ailleurs diligenté contre lui. Selon un rapport établi par le 4ème conseil de guerre de Paris, il est soupçonné d’avoir escroqué la comtesse de Durfort. Le stratagème était habile. Van Ormelingen et son complice, un certain Panier, avaient commencé par faire croire à la comtesse qu’elle était menacée par des maîtres chanteurs. Sous prétexte d’assurer sa protection, ils étaient ensuite venus s’installer chez elle. Dès qu’ils le purent, les deux margoulins lui dérobèrent près de 100 000 francs et prirent la poudre d’escampette.

   A peine majeur, Jean va commencer à dilapider l’héritage paternel. Il s’installe alors dans une chambre de l’hôtel Chatham, près de la place Vendôme, et fréquente les salons mondains où il se présente comme un poète. Il se ruine en dettes de jeu et comme il a sans cesse besoin de « se refaire », une idée lui vient alors en tête, toujours la même d’ailleurs, jouer les escrocs gigolos. Le 28 janvier 1920, il est ainsi de nouveau impliqué dans une affaire de vol. Alors qu’il séjournait chez la célèbre actrice Marthe Régnier (1880-1967), il a profité de son inattention pour lui dérober un saphir d’une valeur de 45 000 francs qu’il est ensuite parti revendre à un courtier, un certain Worms, installé 9 rue Berthaut. A peine quelques jours plus tard, c’est une autre femme, Lucie Bertrand, qui va porter plainte contre lui, toujours pour les mêmes raisons.

   Le jeune Vanor est finalement arrêté par la police. Placé en détention, il va alors utiliser un stratagème dont il deviendra coutumier par la suite et dont on peut même dire qu’il finira par en devenir un éminent spécialiste : l’irresponsabilité pour cause médicale. Vanor sait d’ailleurs si bien s’y prendre qu’il va se retrouver interné à l’asile de Villejuif (10 mai 1920). Consultée sur son cas, une commission de réforme militaire constatera chez lui une « aliénation mentale par dégénérescence psychique, avec perversion instinctive, vanité morbide et déséquilibre mental ». Considéré comme irresponsable de ses actes du fait de ce sévère diagnostic, il bénéficiera d’une ordonnance de non-lieu signée par le juge d’instruction Warrain6.

. Le « colonial » (1922-1934)

   Van Ormelingen finit par quitter Villejuif en novembre 1921 (après y avoir donc passé plus d’une année et demi!). Sa famille a décidé de l’éloigner d’un environnement parisien qu’elle juge malsain et à fait jouer ses relations pour l’envoyer à Dakar, où il va  pouvoir travailler en tant que commis des services civils au sein du gouvernorat de l’Afrique Occidentale Française (19 décembre 1921). Sa pension d’invalidité ayant finalement été abaissée de 100% à 20%, Jean Vanor va finalement devoir reprendre ses études interrompues par la guerre. A la faveur d’un premier retour en Métropole, il obtient ainsi sa licence de droit (29 novembre 1924). Le 28 août 1927, il est admis à l’École coloniale, l’institution qui forme les administrateurs coloniaux7. Le 23 juin 1928, dans la mairie du 16ème, il épouse Germaine Marguerite Manes, une femme de dix ans plus âgée que lui.

   Administrateur colonial adjoint, il repart bientôt pour les colonies. Nommé pour servir d’assistant aux commandants de cercles, il sera posté en Guinée, à Dabolah d’abord (1928-1929) puis à Kindia (1929-1930).

  En juillet 1931, le lieutenant-gouverneur de la Guinée française le nomme à la tête d’une commission spéciale chargée d’étudier le tracé d’une voie ferrée entre Tabili et Yokounkoun. Par la suite, il va devenir administrateur adjoint à Forécariah, toujours en Guinée (1931-1932) avant d’être finalement envoyé à Bassari au Togo (1932-1933).

   Sur le plan hiérarchique, les commandants de cercle sont placés sous la responsabilité des gouverneurs de colonies, qui dépendent eux-mêmes du gouverneur-général de l’Afrique occidentale française basé à Dakar et nommé pour ce qui le concerne par le ministre des Colonies. A leur tour, les commandants de cercle ont sous leur tutelle les chefs de village, qu’ils nomment et dont ils contrôlent le travail. Leur rôle est multiple : ils rendent la justice et veillent à la sécurité des territoires placés sous leur contrôle en lien avec les forces militaires du secteur, ils régulent le commerce et perçoivent les taxes, supervisent le travail des agents des services techniques (mines, chemins de fer, voirie, etc.). Leur pouvoir sur les indigènes est presque sans limite et l’usage de la violence (les bastonnades à coups de « chicottes ») ne leur fait pas peur. En règle générale, après être restés deux années en poste, ils bénéficient d’un congé de six mois avant d’être nommés ailleurs.

   Il n’est guère difficile d’imaginer Jean Vanor, chapeau colonial sur la tête, par une chaleur étouffante, accompagnant le chef de cercle lors des tournées que celui-ci doit faire dans les différents villages placés sous sa responsabilité afin de transmettre ses consignes mais aussi pour écouter les plaintes et les doléances de chacun. A partir de 1930, les administrateurs coloniaux vont devoir affronter une sévère crise économique provoquée par l’effondrement du cours des matières premières, agricoles notamment. La réponse des autorités va consister à renforcer les liens avec la Métropole en créant des circuits économiques protégés et très régulés, autrement dit en faisant du protectionnisme. C’est sans doute à cette occasion que Jean Vanor va s’initier pour la première fois aux questions économiques dont il deviendra ensuite un expert.

   Jean Vanor, qui a franchi peu à peu les étapes de la carrière d’un administrateur colonial8, peut donc légitimement espérer parvenir à de plus hauts postes mais ses vieux démons vont finir par le rattraper. Le 31 mars 1933, il est ainsi l’objet d’une information judiciaire ouverte par le parquet de Dakar pour usurpation du titre de sous-lieutenant et port illégal de décoration. Il aurait en effet été vu arborant la Légion d’honneur et la Médaille militaire à l’occasion d’une cérémonie officielle. Il fera également l’objet d’une enquête pour faute lourde car il aurait exercé des violences injustifiées à l’égard d’indigènes.

    Alors qu’il risque une procédure disciplinaire et une révocation humiliante, Jean Vanor réagit par la même tactique que celle qu’il avait utilisée treize ans plus tôt. Arguant de son état de santé (un abcès au foie), il parvient ainsi à détourner in extremis les accusations portées contre lui. Transféré à l’hôpital du Val-de-Grâce, il est reconnu irresponsable par une commission médicale. Il n’en sera pas moins mis à la retraite anticipée sur décision de l’administration coloniale et suite à une recommandation du Conseil supérieur de la Santé des colonies signée le 13 février 1934.

   Révulsé par ce qu’il considère comme une injustice commise à son égard, Vanor va se montrer bien décidé à obtenir réparation. Il va donc déposer une plainte devant le Conseil d’État au motif que son renvoi a été provoqué par son refus d’accepter une nouvelle affectation. Son affaire sera portée devant la section du contentieux qui en fin de compte le déboutera (29 mars 1935).

. Le réseau patronal (1935-1940)

   Installé au 62 boulevard Exelmans, dans le 16ème arrondissement, Jean Vanor vit alors de la modeste pension de retraite que lui verse l’administration coloniale. Il cherche avidement de nouvelles opportunités professionnelles et finit par en trouver en 1935, lorsqu’il parvient à se faire recruter par la Fédération nationale des syndicats de fabricants de biscuits. Cette institution, installée au n°23 de la rue Notre-Dame-des-Victoires, travaille au profit des fabricants de pain d’épice, de biscuits, de chocolat et de confiseries, dont elle sert les intérêts auprès de la chambre de commerce de paris. Elle est présidée par un triumvirat constitué par Paul Thèves (administrateur de la biscuiterie Alsacienne de Maisons-Alfort), Georges Bertaux et Georges Claudou.

   En juin 1936, alors que l’arrivée au pouvoir du Front populaire a entraîné une vague de grèves sans précédent dans les usines françaises, Jean Vanor propose son arbitrage afin d’aider les patrons à gérer les différents qu’ils ont avec leurs salariés. Son action est très appréciée de sa direction et, en février 1937, il devient le secrétaire général de la Fédération nationale. Pendant les années suivantes, il aura des conflits très durs avec les chambres syndicales. A plusieurs reprises ses antécédents judiciaires seront mis en avant pour tenter de lui nuire, en vain semble-t-il.

    Alors qu’il travaille en parallèle au profit du groupe d’importation de charbon de Wladimir Koudrine, Jean Vanor touche alors plus de 300 000 francs par an et peut donc enfin mener l’existence luxueuse dont il a toujours rêvé. Membre assidu du Racing club de France, il se constitue peu à peu un beau carnet d’adresse. Il fréquente en particulier le député César Campinchi (1882-1941) qui sera ministre de la Marine entre 1937 et 1940. Vieil ami de la famille van Ormelingen, Campinchi a commencé sa carrière en tant qu’avocat et avait jadis brillamment défendu le jeune Jean, lui évitant ainsi de faire de la prison. Jean Vanor est notoirement proche de Madame Campinchi, Hélène Landry (1898-1962) de son nom de jeune fille, dont il finance les bonnes œuvres au profit de la jeunesse miséreuse.

    Toujours aussi avide de reconnaissance, il entame de multiples démarches afin d’obtenir la Légion d’honneur (décidément une obsession chez lui). Ayant quitté le boulevard Exelmans et après avoir habité pendant un temps au 21 de la rue de La Pompe, il emménage en avril 1937 au n°24 de la rue Desbordes-Valmore, un grand appartement haussmannien du 16ème arrondissement qui va désormais devenir son fief.

    Veuf depuis juillet 1934 et le décès prématuré de sa première épouse, il se remarie le 22 décembre 1938 à la marie du 16ème avec une certaine Paule Louise Cudiot9, dont les parents possèdent plusieurs immeubles de rapport à Casablanca.

    Alors qu’on ne lui connaissait pas encore d’idées politiques, Jean Vanor penche lentement mais sûrement vers la droite la plus dure à partir de 1936. Il adhère ainsi au Parti social français du colonel de La Rocque et en devient même l’un des responsables pour les quartiers de Chaillot et de La Muette. Mais bientôt il s’éloigne de La Rocque, qu’il trouve trop « républicain » à son goût. Car c’est désormais le fascisme pur et dur qui exerce sur lui une véritable fascination. En septembre 1938, il se rend ainsi en Allemagne pour assister au congrès du Parti national-socialiste allemand (NSDAP). Il en revient enthousiasmé. Le 29 août 1939, il adresse à la Sûreté nationale une lettre où il recense tous les ouvriers communistes et syndicalistes travaillant dans son secteur professionnel. Dans le contexte du pacte germano-soviétique qui vient alors tout juste d’être signé, il prône évidemment leur arrestation.

. Les opportunités de la collaboration (1940-1942)

    En juin 1940, comme des millions d’autres familles françaises, les Van Ormelingen prennent le chemin de l’exode. Jean et Paule se réfugient d’abord chez un ami nommé Descorps, le propriétaire du château de Fontenay à Ecueillé, dans l’Indre. Une fois l’orage passé, Jean Vanor décide d’envoyer son épouse à Saint-Jean-Cap-Ferrat auprès de leur ami commun, Jacques Menier, tandis que lui-même rentre à Paris avec sa femme de chambre, Victoria Alaine10.

    Arrivé dans la capitale, Vanor ne tarde pas à proclamer haut et fort son ralliement à la Révolution nationale initiée par le maréchal Pétain. Devinant que le vide politique provoqué par la chute du régime républicain va faire naître de formidables opportunités pour un homme aussi ambitieux que lui, il fait régulièrement la navette entre Paris et Vichy. Il entame alors des discussions avec différentes personnalités publiques et tente de faire jouer les hautes relations qu’il a pu établir avant-guerre. Il entre également en contact avec l’ambassade allemande et propose ses services à Otto Abetz, un homme dont il va rapidement devenir l’un des familiers. C’est dans ce contexte que Jean Vanor va réussir ce qui restera le plus grand tour de force de son étrange carrière, participer à la fondation du Rassemblement national populaire (RNP).

    Tout commence à l’automne 1940, lorsque l’écart commence à se creuser entre Marcel Déat et le régime instauré à Vichy. Déat, professeur de philosophie et polémiste brillant, avait jadis été l’un des grands espoirs de la SFIO. Hélas pour lui, sa conception d’un socialisme national et non plus internationaliste lui avait valu de s’attirer des critiques véhémentes de la part de Léon Blum, qui avait fini par le faire exclure de la « vieille maison » (novembre 1933). Lui et les autres partisans du « néo-socialisme » ont alors fondé un éphémère Parti socialiste de France, ce qui a permis à Marcel Déat de servir brièvement comme ministre de l’Air au sein du gouvernement Sarraut de janvier à juin 1936. La victoire du Front populaire porta un coup d’arrêt à sa carrière publique et l’obligea à retourner pendant quelque temps à ses chères études. Après Munich, son pacifisme et son anticommunisme vont l’amener à se rapprocher peu à peu du fascisme, un mouvement dont il partageait d’ailleurs pleinement les conceptions économiques. Redevenu député, il vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain en juillet 1940. Au cours des mois suivants, il se fait le théoricien d’une pleine et entière collaboration avec l’Allemagne. Rejeté par le maréchal Pétain et son entourage conservateur et germanophobe, il s’installe à Paris et se consacre à la publication de son journal, L’Oeuvre. Après le renvoi de Laval en décembre 1940, il devient son meilleur défenseur.

   A l’initiative des Allemands, qui cherchent alors à unifier le « collaborationnisme de gauche », Deat entreprend bientôt de constituer un nouveau parti politique, le Rassemblement national populaire. Homme d’idées plus que d’appareil, il aura cependant besoin d’adjoints pour donner de l’ampleur à ce projet. Il s’imaginera avoir trouver la personne idéale avec Jean Vanor.

   Multipliant les contacts, Vanor parvient effectivement à convaincre plusieurs personnes de la faisabilité et de l’intérêt du projet, d’autant plus facilement d’ailleurs que la victoire de l’Allemagne semble alors certaine. Conformément aux instructions qu’il a reçues d’Otto Abetz, il va également appuyer le rapprochement du RNP avec le Mouvement social révolutionnaire (MSR), cette formation d’ultra-droite mise en place par Eugène Deloncle en septembre 1940 pour donner une vitrine officielle à ses réseaux clandestins d’avant-guerre (la fameuse OSARN, plus connue sous le nom de Cagoule). Au fil des semaines, Jean Vanor va ainsi devenir l’un des principaux conseillers à la fois de Marcel Déat et d’Eugène Deloncle, une belle consécration pour l’ancien interné de Villejuif !

    Du fait du soutien reçu de l’ambassade allemande, les choses vont aller très vite. Le 24 janvier 1941, une première réunion préparatoire se tient dans un appartement de la rue d’Amsterdam, plus précisément au siège de l’Union nationale des combattants présidée par l’industriel et ancien député Jean Goy (1892-1944). Le 31 janvier a lieu une nouvelle réunion, plus élargie. Un organigramme est bientôt défini. La présidence du RNP reviendra à Marcel Déat tandis que Jean Vanor deviendra le secrétaire général du parti, autrement dit son n°2 du parti. Jean Goy prendra en main les formations de jeunesse mais aussi et surtout l’organisation territoriale, c’est-à-dire la vie des sections. La branche ouvrière sera attribuée à Georges Dumoulin et celle chargée de la paysannerie à René de Robert. La propagande reviendra à Jean Fontenoy, assisté pour l’occasion par Robert Suel et Michel Brille. Enfin, Eugène Deloncle dirigera le service d’ordre, la Légion nationale populaire. Si le MSR et le RNP ont pu conserver leur autonomie interne, un comité directeur commun va cependant être mis en place. Viendront y siéger Déat, Deloncle, Fontenoy, Goy et Vanor. Le 2 février, une première réunion publique est organisée salle Wagram, en présence de plusieurs journalistes et sous l’œil des caméras des Actualités françaises. Les 13 et 14 juin, le RNP va organiser son premier congrès dans la salle de la Mutualité. Le succès est au rendez-vous et l’affluence nombreuse. Bon orateur, Vanor est invité à présenter à la tribune les origines, la structure et les buts du nouveau parti11.

    Ayant quitté son emploi à la Fédération nationale des fabricants de biscuit en mars 1941, Vanor peut alors se consacrer pleinement au développement de ses réseaux d’influence. Ayant installé son bureau officiel au n°28 de la rue Hamelin, il fréquente les meilleurs restaurants parisiens et mène grand train. Il possède d’ailleurs trois voitures (dont l’une arbore l’immatriculation « CD ») et bénéficie d’un permis de circulation émis par les services allemands. Bien que son épouse Claude soit revenue à Paris à la rentrée 1941, cela ne l’empêche pas d’entretenir plusieurs maîtresses, parmi lesquelles figurent notamment l’actrice d’origine roumaine Paula Iliescu, dite Pola Illéry (1909-1993). Il a des rêves de grandeur et assure à ses proches qu’il sera le prochain ministre du Ravitaillement, ou même celui de l’Intérieur. Il envoie d’ailleurs souvent à Pierre Laval des plans militaires tous plus fumeux et grandiloquents les uns que les autres. Sa vénalité ne s’est pas assagie, bien au contraire. Lorsque les appartements de Georges Mandel et ceux des Bernheim seront « aryanisés » par les hommes du MSR, il en profitera pour se servir largement en tableaux et objets d’art qu’il ira ensuite revendre à un antiquaire allemand de passage à Paris.

    Dès le départ, Jean Vanor s’est engagé avec passion dans la mise en place de la Légion des volontaires français contre bolchevisme (LVF). Créée le 6 juillet 1941 en tant qu’association régie par la loi de 1901, la LVF doit permettre à la France de s’associer à l’Allemagne dans son « grand combat contre le communisme ». Le 18 juillet, une importante réunion se tient au Vélodrome d’Hiver. Devant une assistance nombreuse, les grands ténors de la collaboration, Deloncle, Déat, Clémenti et Doriot (pour une fois unis), tentent de mobiliser les énergies au nom de la « nouvelle Europe en marche ». Vanor fréquente assidûment le siège de la LVF, rue Auber, et multiplie les tournées et les meetings afin de recruter des candidats. Le 4 septembre, un premier train de volontaires part la Pologne (sept autres suivront jusqu’en avril 1942).

    Affecté à la cellule de propagande de la LVF avec le grade de SS-Sonderführer (chargé de mission), Jean Vanor lui-même va finir par rejoindre le camp de Deba. C’est là, à environ 150 km à l’est de Varsovie, que les volontaires français ont été regroupés pour être équipés et instruits par les Allemands avant de partit au front. Le 26 novembre 1941, Jean Vanor dirige la prestation de serment d’un premier contingent considéré comme prêt au combat.

   Le 1er décembre, les volontaires parviennent dans le secteur qui leur a été assigné à une soixantaine de kilomètres de Moscou. Les conditions sont terribles et chaque nuit la température frôle les -40°C ! Le 6 décembre, touchés de plein fouet la contre-offensive ennemie, les Français doivent reculer, perdant au passage près de 185 hommes (dont 65 tués). Les survivants sont relevés dès le lendemain. La LVF doit être entièrement restructurée. L’échec est total. Après le départ de Jean Fontenoy (pour cause de conflits récurrents avec Jacques Doriot), Jean Vanor va prendre la tête de la cellule de propagande de la LVF.

. La crise et la chute (1941-1942)

   Si les nouvelles du front de l’Est ne sont pas réjouissantes, celles venues de Paris ne le sont guère plus. Car la fusion RNP-MSR n’a pas tardé à prendre l’eau. Il faut dire que cette alliance a reposé dès le départ sur un jeu de dupes, Déat et Deloncle cherchant tous les deux à phagocyter le mouvement de l’autre à leur profit. A ce jeu-là d’ailleurs, c’est Deloncle qui a marqué les premiers points et certains au RNP n’ont pas tardé à s’en rendre compte.

   Dès le mois de juin 1941, Charles Spinasse met ainsi en garde Marcel Déat à propos de l’entreprise de noyautage à laquelle se livrent les hommes du MSR au détriment du RNP. Jacques Fauran, l’un des responsables de l’organisation territoriale du MSR, ne fait-il pas de son mieux pour débaucher les cadres à son profit et n’en va-t-il pas de même pour Jean Filiol, récemment placé à la tête de la LNP ? Mais ce qui heurte le plus Marcel Déat et son entourage, c’est la réputation détestable que traînent derrière eux les anciens Cagoulards. Déjà en février 1941, Adrien Marquet, l’ancien maire de Bordeaux, mais aussi Pierre Cathala, ex-secrétaire d’Etat aux PTT et Marcel Roy, ex-secrétaire général de la CGT-métallurgie, avaient tous les trois refusé de s’associer au RNP en raison de la présence justement de ces repris de justice. Georges Albertini, l’un des jeunes cadres les plus prometteurs du RNP, conseille également à Déat de s’écarter au plus vite de ces personnalités sulfureuses qui effraient les bourgeois conservateurs qui doivent pourtant constituer le cœur de cible du RNP.

    De par son comportement, Jean Vanor a largement contribué à cet échec. Loin de s’assagir du fait de ses nouvelles responsabilités publiques, il n’a cessé en effet de se retrouver mêlé à de très sombres affaires. Les pires rumeurs circulent d’ailleurs sur son compte. Comme il a hérité de la solide charpente de son père et qu’il impressionne ses interlocuteurs, on affirme qu’il est devenu l’un des tueurs à gage d’Eugène Deloncle. On le dit ainsi mêlé à l’assassinat d’Adolphe Rosenthal (31 août 1941)12 ou encore à celui de Tania Massé (23 septembre 1941). On évoque aussi à demi-mots son lourd passé judiciaire. Du fait de la consonance étrangère de son nom, on le prétend allemand ou bien néerlandais. On affirme même qu’il aurait usurpé l’identité d’un frère mort au front pendant la dernière guerre. Plus grave sans doute, on l’accusera de s’être livré à divers trafics de fourniture au détriment de la LVF. Le personnage est si sulfureux que l’amiral Darlan va d’ailleurs lui interdire de se présenter à nouveau en zone sud sous peine d’y être immédiatement arrêté.

    Mais c’est le 27 août 1941 que tout va basculer. Ce jour-là en effet a lieu dans une caserne versaillaise le premier passage en revue d’un contingent de la LVF. Deloncle, Déat, Doriot et de Brinon sont présents, de même que Pierre Laval, que Jean Vanor a d’ailleurs personnellement invité. Alors que la cérémonie se termine et que chacun s’apprête à regagner sa voiture, un homme fend la foule et tire soudain plusieurs coups de revolver contre Laval mais aussi contre Marcel Déat et le colonel Duruy. Par chance pour eux, aucun organe vital ne sera touché et ils en seront donc quittes pour quelques semaines d’hospitalisation. L’auteur de l’attentat se nomme Paul Colette, c’est un jeune Normand qui s’est récemment engagé à la LVF.

   L’enquête ne va pas réussir à déterminer d’éventuelles complicités et encore moins d’hypothétiques commanditaires, mais Déat et Laval estimeront néanmoins que c’est bel et bien Deloncle qui a armé le bras du criminel et qu’il l’a fait avec l’aide de Vanor. Les Allemands feront d’ailleurs le même constat et Ernst Achenbach, le bras droit d’Otto Abetz, demandera donc à Déat de procéder aux mesures qui s’imposent. Le 2 octobre 1941 se produit ainsi l’inévitable. Par le biais d’une lettre incendiaire, Marcel Déat, tout juste sorti de sa convalescence, annonce publiquement la scission RNP-MSR.

   Or, dans ce conflit, Jean Vanor a choisi de soutenir le parti de Deloncle contre celui de Déat13. Une fois de retour à Paris le 28 mars 1942, son influence sur le fondateur de la Cagoule devient de plus en plus prégnante. Deloncle a toujours été un adepte des complots et son comparse sait l’encourager dans cette voie. Mais cette proximité vaut aussi à Vanor de s’attirer de solides inimitiés, en particulier de la part de Jean Filiol, le bras droit de Deloncle, qui supporte mal la rivalité de cet homme nouveau. Longtemps contenu, l’orage finit par éclater le 14 mai 1942. A la faveur d’un violent putsch interne, Deloncle se retrouve alors exclu du MSR tandis que Jean Vanor est chassé à la fois du MSR et de la LVF.

   Ayant désormais perdu tous ses appuis, Jean Vanor n’ignore pas que sa carrière politique est désormais derrière lui. Il décide alors de se rapprocher de la police allemande dont il va ainsi devenir l’un des affidés.

. L’agent allemand (1942-1943)

   Dès l’été 1940, Jean Vanor a régulièrement fréquenté les autorités occupantes, que ce soit celles de l’ambassade de la rue de Lille ou les services de renseignements de l’hôtel Majestic. Il est d’ailleurs très lié au commandant Reimann, l’inspecteur général de la LVF, qui s’exprime il est vrai dans un excellent français. Il a aussi noué des liens avec les hommes du SD installés avenue Foch. Ses liens avec les milieux patronaux lui permettent de trafiquer des métaux au profit des bureaux d’achat de l’armée allemande et de la SS.

   Car c’est un fait qu’au-delà de la politique, Jean Vanor cherche surtout à s’enrichir. Il est littéralement obsédé par l’argent et ne recule devant rien pour en obtenir, pas même aux pires bassesses. L’une de ses techniques consiste ainsi à monnayer son soutien auprès de Juifs qui cherchent à faire libérer leurs proches des griffes des occupants. Son jeu, tout à fait cynique, est parfaitement rodé. Il commence par les recevoir en leur expliquant qu’il comprend certes leur peine et compatit sincèrement à leur malheur mais qu’il ne peut hélas rien faire pour les aider. Puis, comme la personne insiste, il finit par lâcher qu’il connaîtrait il est vrai certaines personnalités allemandes qui, très éventuellement, pourraient intervenir en leur faveur. Mais bien évidemment cette intervention ne serait pas gratuite, il y aurait une contrepartie financière, contrepartie qu’il s’engage à transférer mais sans rien prendre au passage. Bien évidemment ceux qui tombent dans ce piège ne reverront ni leur proche ni leur argent. En août 1942, Jean Vanor soutire ainsi près de quinze millions de francs à Léon Pollak et Nicolas Matzneff. En janvier 1943, il escroque un certain Israël von Messel, un négociant marseillais. En mai 1943, c’est un juif d’Afrique du Nord, Salomon Zarka, qui tombe dans le piège à Cannes.

    Mais lorsque les Allemands apprennent que Vanor a prétendu pouvoir les acheter, ils ne goûtent que très moyennement le procédé. Le 3 mai 1943, Jean Vanor est donc arrêté par le SD. Accusé de corruption de fonctionnaires, de libération frauduleuse de prisonniers mais aussi d’espionnage, il se retrouve placé en détention à la prison de Fresnes. Prétextant à nouveau un état de santé défaillant et notamment plusieurs accidents vasculaires, il échappe à la déportation et finit par être transféré dans un camp d’internement (Teillager-2) situé à Saint-Denis, au nord de Paris.

. Le « combat médical »

   Au moment où se produit la Libération, Jean Vanor est toujours interné à Saint-Denis. Le 26 août 1944, son hôpital est pris d’assaut par les FFI. Avec habileté, il parvient alors à dissimuler les causes réelles de son emprisonnement et obtient de pouvoir être transféré dans une clinique privée située à Paris, 9 rue de Turin. Bien qu’il s’y cache sous un faux nom (« Monsieur André »), la police parvient à retrouver sa trace et, dès le 5 septembre, vient lui signifier son arrestation14.

    Son état de santé ayant empêché qu’il soit gardé à la préfecture de police, il est donc envoyé à l’Hôtel-Dieu puis rapidement transféré vers Sainte-Anne (22 septembre 1944), puis à Villejuif (4 octobre 1944) et finalement de nouveau à Sainte-Anne (27 décembre 1944).

    Ayant hérité de son dossier en février 1945, le juge Berri ordonne une expertise médicale complète, c’est-à-dire à la fois physiologique et psychologique. Le compte-rendu, réalisé par un médecin de Sainte-Anne, est implacable et conclut à une simulation pure et simple. Berri estimant que la comédie n’a que trop duré et surtout qu’elle coûte cher (car il faut alors pas moins de six policiers et un inspecteur pour assurer une surveillance 24/24h du prévenu), Jean Vanor est donc écroué à l’infirmerie de la prison de Fresnes le 4 juillet 1945.

   Sachant pertinemment que le temps joue pour eux, Jean Vanor et son avocat, maître Campana, vont mener une difficile partie afin de retarder au maximum la tenue du procès. Pendant que l’avocat se lance dans une véritable guérilla judiciaire et multiplie les mesures dilatoires, Vanor livre de son côté le plus grand rôle tragique de sa carrière. Alité en permanence, se prétendant partiellement aveugle et hémiplégique, il adopte à merveille la position du mourant, allant même jusqu’à attraper des escarres à force de demeurer immobile ! A chaque fois qu’un inspecteur ou qu’un médecin vient à l’infirmerie pour le questionner, il fait de son mieux pour faire échouer l’interrogatoire. Prétextant sa mémoire défaillante ou sa mauvaise santé, il reste silencieux sur la plupart des faits qui lui sont reprochés. Confronté à des questions plus précises, il ergote longuement sur des faits insignifiants pour mieux égarer son interlocuteur. Éludant ses responsabilités, il s’apitoie constamment sur ses malheurs, le plus souvent avec une mauvaise foi confondante. Et cela fonctionne puisqu’au fil des mois et tandis que plusieurs de ses anciennes connaissances viennent prendre place les yeux bandés sur un poteau d’exécution dans les fossés de Montrouge, lui-même continue à mener son existence de grand malade. Cela n’empêchera d’ailleurs pas ses biens d’être mis sous séquestre le 20 août 194615.

    Le 9 août 1947, le juge d’instruction Donsimoni hérite à son tour du cas Vanor. L’épuration, bien que toujours vive, a désormais perdu de sa force initiale et l’heure est à présent aux mesures de clémence. Le 11 septembre 1948, après quatre années de détention, la justice fait donc placer Jean Vanor en liberté surveillée. Notre homme vient alors s’installer dans une clinique située au n°8 de la rue du Dôme, dans le 16ème arrondissement. Soumis à un contrôle strict, il n’a le droit qu’à quelques heures de sorties par semaine. Au vu de son état de santé, jugé toujours « précaire », on a estimé que le risque de fuite était faible, pour ne pas dire inexistant. Mais c’était bien mal connaître la rouerie du personnage.

. La fuite

   Alors que l’ouverture de son procès approche à grand pas, Jean Vanor va patiemment et soigneusement préparer sa fuite. Le 12 févier 1949, il met son plan à exécution en ne rentrant pas d’une de ses permissions. Quelques jours plus tard, il aura l’audace d’envoyer une lettre d’excuse au juge d’instruction Donsimoni, se disant désolé de lui avoir fait ce mauvais coup !

   On n’a jamais retrouvé la trace de Jean Vanor. Datée du 22 juin 1955, une note de son dossier aux Renseignements généraux de la PP mentionne toutefois qu’il aurait été vu à Santiago-du-Chili, une ville où il serait arrivé en provenance d’Espagne. Il logeait alors à l’hôtel Carrera et travaillait de temps à autre comme rédacteur pour un quotidien conservateur chilien, El Diaro illustrado. Il disposait apparemment d’un bon réseau de soutien organisé notamment par le responsable de la librairie française, Jacques Simon. Appartenaient à ce réseau la famille Viguna ainsi qu’un journaliste local du nom de Manuel Vega.

   Cette information est la dernière que nous possédions sur le parcours de Jean van Ormelingen. Celui-ci est mort à une date indéterminée et dans un lieu qui nous est resté inconnu.

Notes

1 Registres de mariage de la commune de Chelles pour l’année 1906 (n°9).

2 Bien que son patronyme reflète évidemment des origines néerlandaises, Georges van Ormelingen était né à Paris en 1866. Son père, Jacques van Ormelingen (m. 1871), était également français.

3 Le duel avait eu lieu le 23 mai 1899 et avait beaucoup fait parlé car Mendès avait été blessé. Une description du personnage de Georges Vanor figure dans le Bulletin de l’Association des journalistes parisiens daté du 10 avril 1907.

4 Cf registre matricule n°2009, 6ème bureau de recrutement de la Seine, classe 1918.

5 Ce qui lui vaudra d’être cité à l’ordre de la division le 6 octobre 1917.

6 Cf Le Petit Parisien, 1er février 1920 / Le Petit Journal, 07 février 1920 / L’Homme libre, 27 mars 1920.

7 JO, 19/08/27.

8 Après avoir été d’abord stagiaire, il sera successivement administrateur-adjoint de 3ème, de 2ème et enfin de 1ère classe. Les étapes de son cursus peuvent être rétablies grâce aux archives du Journal officiel disponibles sur Gallica, le site de la Bibliothèque nationale.

9 Cf Le Matin, 27 décembre 1938. Née à Bayel, près de Troyes (Aube), le 12 septembre 1899, Paule Louise Cudiot était la fille de Louis Fernand Cudiot et Louis Marguerite Marthe Robert.

10 Victoria Alaine, née à Lagny en 1902, travaillait pour les Van Ormelingen depuis 1918.

11 Ce discours donnera lieu à la publication d’un opuscule de 24 pages.

12 Né en 1877, Adolphe Rosenthal était le frère de Léonard Rosenthal, le patron français du négoce de perles, et l’oncle de Jean Rosenthal, futur Compagnon de la Libération.

13 C’est Georges Albertini, un homme d’une toute autre stature intellectuelle et politique, qui va succéder à Vanor en tant que secrétaire général du RNP.

14 Arrêtée une première fois par les FFI en août 1945, puis relâchée après avoir été conduite à la mairie, Paule Cudiot sera de nouveau arrêtée le 2 septembre 1944 par des FFI appartenant au groupe Narbonne. Envoyée au camp de Drancy, elle sera ensuite transférée au centre des Tourelles avant d’être finalement libérée le 21 novembre 1945. En 1950 elle déposera une plainte pour internement abusif mais sera déboutée.

15 JO 25/09/46.

 

Archives :

. Dossier Jean Vanor aux archives des Renseignement généraux de la Préfecture de Police (77 W 1752-105321)

. Dossier Jean Vanor aux archives du cabinet de la Préfecture de police (1 W 1554-88006)

. Acte de naissance de Jean Louis Albert Loison-Van Ormelingen aux archives de Paris (Paris, 17e arr., 24 novembre 1898, n°3016)

Bibliographie :

. Finley-Croswhite, Anette & Gayle, Brunelle : Vengeance, Vichy and the Assassination of Marx Dormoy, à paraître.

. Ramognino, Pierre « Les vrais chefs de l’Empire », Cahiers d’histoire, Revue d’histoire critique, 85, 2001, 57-66.

. Rigoulot, Abert : Georges Albertini, Perrin, 2012.

 

Crédit photographique : UnknownArchives du journal Le Matin. [Public domain][wikimedia commons]

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