Le mystérieux Monsieur André (1905-?)

     A l’occasion d’une longue enquête menée sur les traces de Jean Filiol (ici), nous avons souvent pu croiser le nom d’un certain Raymond Étienne Hérard. Cet homme, qui fut l’un des principaux compagnons de route du chef cagoulard, a codirigé pendant un peu plus d’une année la fameuse « brigade des recherches », autrement dit le service de renseignement du Mouvement social révolutionnaire (MSR). En étudiant d’un peu plus près son parcours, nous nous sommes aperçu qu’il avait été mêlé de très nombreuses affaires, à commencer par l’attentat commis contre Marx Dormoy. Pendant près d’une décennie, Raymond Hérard à en réalité conduit un jeu à la fois dangereux et complexe au profit des services de renseignements allemands et espagnols. Véritable homme de l’ombre, il n’aura jamais attiré l’attention sur lui, ce qui explique la minceur des sources le concernant. En dépit de cela, il nous a paru utile de lui consacrer ici un bref article, car il incarne très bien la figure de ces agents doubles ou triples qui ont su prospérer à la faveur des troubles que connurent alors la France et l’Europe.

. Le militant

   Raymond Étienne Hérard est né le 15 août 1905 dans le 6ème arrondissement de Paris. Son père, Jules-Étienne Hérard (1871-1953), travaillait alors comme employé de bureau tandis que sa mère, Alexandrine Madeleine Louise Prévost (1875-?), était modiste. Jules-Étienne et Alexandrine s’étaient mariés le 16 avril 1904 à la mairie du 1er arrondissement de Paris. Jules-Étienne Hérard était originaire du village de Gisy-les-Nobles, près de Sens, une localité où il avait conservé de nombreuses attaches familiales1. Fils d’un scieur de long nommé Désiré Hérard, il était venu travailler dans la capitale en 1893. Installé comme cuisinier et sommelier, il y avait rencontré Alexandrine, la fille d’un émailleur parisien.

   La famille Hérard était de condition modeste et habitait au n°9 de la rue Christine, au cœur de Saint-Germain-des-Prés. C’est là que le jeune Raymond devait grandir aux côtés de ses deux frères cadets, René ( ?- ?) et Lucien (1911-1982). On peut supposer qu’il a dû fréquenter l’école primaire mais l’on ne connaît pas sa première formation professionnelle.

   Appelé sous les drapeaux le 10 novembre 1925, il rejoint Toul, où est alors encaserné le 403ème régiment de défense contre les aéronefs. C’est au sein de cette unité qu’il va se former en tant que canonnier de DCA.

   Libéré du service en mai 1927, Raymond Hérard devient représentant de commerce. Vers 1930, il part travailler dans les colonies d’Afrique. Il s’installe alors à Cotonou, au Dahomey (act. Bénin), où il va trouver à s’employer dans une factorerie, autrement dit un comptoir d’exportation de marchandises.

   Revenu en France vers 1935, Raymond Hérard prend ses quartiers non plus à Paris mais à Marseille2 et c’est dans cette ville qu’il va faire ses premières armes en politique. Militant de l’Action française, il va ainsi devenir l’un des responsables locaux des Camelots du roi, le service d’ordre de l’organisation. Ses convictions droitières s’étant renforcées après la victoire du Front populaire, il fréquente activement les rangs de l’OSARN (« Organisation secrète d’action révolutionnaire nationale »), cette structure clandestine mise en place par Eugène Deloncle dans le but de lutter contre le développement du communisme et, si possible, de renverser la 3ème République. Impliqué dans diverses affaires (trafic d’armes, sabotage, préparation d’attentat, etc.), Raymond Hérard est brièvement arrêté par la police en 1936 mais libéré faute de preuve au bout de 48 heures. A la fin de l’année 1937, lorsque l’OSARN est démantelée par la police, il se réfugie en Espagne où il va bientôt faire la connaissance de Jean Filiol, l’ancien n°2 du mouvement (mais peut-être s’étaient ils déjà rencontrés à l’époque cagoulards ?). Les deux hommes, qui ont en commun le goût du secret et des affaires de renseignement, deviennent rapidement très proches.

   A l’initiative de Filiol, Raymond Hérard, alors âgé de 32 ans, obtient de pouvoir rejoindre l’armée franquiste qui affronte les troupes républicaines. Si l’on ignore le détail de ses affectations, on peut supposer qu’il a dû mettre au service des forces nationalistes les compétences qu’il avait acquises en tant que canonnier à l’occasion de son service militaire. Doué pour les langues, il va apprendre à maîtriser l’espagnol avec une facilité déconcertante, au point de pouvoir le parler sans accent, ce qui lui sera plus tard bien utile.

. La collaboration

    En février 1941 et alors qu’il se trouve toujours en Espagne, Raymond Hérard vient offrir ses services à un certain Stachel, l’un des agents du KO-Spanien, l’antenne que l’Abwehr, le service de renseignement militaire allemand, a installée en Espagne3. Il devient alors le V-Mann (Vertrauensmann, « homme de confiance ») F-7112. C’est grâce à l’aide de Stachel qu’il va semble-t-il parvenir à rentrer enfin en France4

    A l’occasion de son séjour ibérique, Raymond Hérard a fait la connaissance de Maria del Pilar Gallardo y Garcia5, la fille d’un imprimeur de Santander6 connu pour son soutien à la Phalange. Raymond va entraîner sa fiancée à Paris et le couple se mariera dans la marie du 6ème arrondissement le 3 avril 1941.

    Dès son retour en France, Hérard choisit logiquement d’adhérer au Mouvement social révolutionnaire (MSR), l’organisation fondée par Eugène Deloncle à partir des structures de l’OSARN (7 avril 1941). Il rejoint également le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat puisque les deux organisations ont fusionné à l’initiative des autorités allemandes.

    Très actif, Raymond Hérard va aider Jean Filiol à bâtir la « brigade des recherches », autrement dit le service de renseignement du MSR-RNP. En effet et malgré les efforts qu’il a fait en ce sens, Eugène Deloncle n’est pas parvenu à recruter Henri Martin, l’homme qui animait le service de renseignement de l’OSARN. Très anti-allemand, le Docteur Martin a résolument refuser de rejoindre un parti comme le MSR qui a fait de la collaboration avec le Reich son objectif principal. Deloncle a donc choisi de faire appel à Jean Filiol pour mener à bien ce travail essentiel.

   Après avoir installé son bureau au n°83, avenue de la Grande-Armée, près de la porte Maillot, Raymond Hérard va s’atteler au recrutement de ses agents et parviendra à en rassembler près d’une cinquantaine.

   Son objectif est triple : il doit tout d’abord d’empêcher que le MSR ne puisse être infiltré par ses adversaires (que ces derniers appartiennent à la police, à la Résistance ou bien encore à d’autres formations politiques). Il lui faut ensuite être capable de renseigner les dirigeants du MSR sur l’évolution de la situation intérieure française. Grâce aux informations que lui vont lui transmettre ses sources, ou bien qu’il obtiendra lui-même de part ses contacts, Hérard pourra ainsi rédiger des bulletins de renseignement qu’il transmettra ensuite presque quotidiennement aux principaux dirigeants du parti. Et il s’agira enfin d’enquêter sur les opposants au régime de Vichy, en particulier les militants communistes et gaullistes.

   Plus discrètement, Filiol et Hérard songent aussi à accumuler des informations sur les principaux responsables politiques vichystes dans l’hypothèse où leur formation parviendrait un jour à prendre le pouvoir.

    De l’avis de tous ceux qui l’on croisé, Raymond Hérard est la discrétion même. Mince, 1,70m, le teint mat, les cheveux bruns, les yeux gris sombre et le visage anguleux, il n’attire pas spécialement l’attention. Il parle d’ailleurs très peu et n’exprime jamais aucune idée politique, en tout cas publiquement. Son emploi du temps semble parfaitement régulier. Selon la police, qui le file régulièrement, il rentre ainsi chez lui presque chaque jour pour dîner. Son couple vit assez confortablement mais sans excès. Parlant à peine français, Madame Hérard entretient d’ailleurs très peu de contacts avec ses voisins. Quant à son époux, il est si discret que la plupart des gens ignorent sa véritable identité. Pour eux il est simplement « Monsieur André ». La police note en tout cas qu’il dispose d’un laisser-passer (Ausweiss) qui lui permet de quitter son domicile même pendant les couvre-feux.

    Il faut dire qu’en parallèle de ses activités au MSR-RNP, Hérard travaille activement pour la section III/F de l’Abwehr mais aussi pour le SD, c’est-à-dire pour la SS, deux institutions auxquelles il revend une partie de ses renseignements contre de l’argent ou divers services. Pour l’Abwehr, F-7112 est une source précieuse car il possède beaucoup d’informations sur les organisations gaullistes et communistes implantées dans la capitale. En utilisant la couverture d’agent commercial, Hérard va d’ailleurs conduire plusieurs missions à travers la France (Marseille, Beaune, Mâcon, etc.) mais aussi en Allemagne et en Espagne. Au cours de ces escapades, il utilisera alternativement les pseudonymes de « Louis Meizonnet », « Étienne Ramon » et « Rogelio ». Il fréquentera aussi le capitaine Paul Sézille, de l’Institut d’étude des questions juives, ainsi que le Service des sociétés secrètes de l’avenue Rapp, une structure qui accumule des informations sur les loges maçonniques.

    A la demande de l’Abwehr, Hérard va accepter de nouer des contacts avec l’Intelligence Service, et notamment avec un certain « Louis », un agent britannique installé à Marseille. Se faisant alors passer pour un résistant, il va fournir à ce dernier une partie des communications radios allemandes (Spielmaterial), des communications bien évidemment truquées avec l’objectif d’intoxiquer les Alliés.

    Hérard navigue donc à merveille dans ces eaux (très) troubles. Au cours de l’été 1941, tout en organisant le recrutement de candidats pour la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF), il va se retrouver mêlé à de biens sombres histoires. En juillet 1941, il est ainsi très directement impliqué dans l’attentat commis à Montélimar contre l’ancien ministre de l’Intérieur du Front populaire, Marx Dormoy. L’enquête démontrera en effet que l’équipe responsable de sa mort était composée d’anciens cagoulards marseillais7 dont plusieurs avaient eu des contacts suivis avec « Monsieur André ». Le mois suivant, Raymond Hérard apparaît également dans les radars de la police après l’assassinat d’Antoinette (« Tania ») Massé, cette responsable du MSR sans doute victime d’un règlement de compte interne après qu’elle eut mis à jour diverses malversations financières.

    En mai 1942, Raymond Hérard soutient naturellement son chef Jean Filiol lorsque ce dernier organise l’exclusion d’Eugène Deloncle, parvenant ainsi à prendre la tête du MSR. Hérard connaît alors son heure de gloire. Il est désormais devenu l’homme de confiance de celui qui dirige l’une des formations les plus redoutées du paysage collaborationniste parisien. Mais cette situation ne dure guère car Jean Filiol est arrêté par la police sur l’ordre de Pierre Laval en novembre 1942. Dans la lettre qu’il fait parvenir à ses camarades depuis sa prison, Jean Filiol leur demande alors de considérer « Monsieur André » comme son successeur. En aparté, il lui confie également la direction de ses réseaux de renseignement et le charge d’expédier les affaires qu’il a dû laisser en suspens du fait de son incarcération. Hérard effectuera de nombreuses démarches pour obtenir la libération de Filiol, en particulier auprès de Joseph Darnand et des Allemands, en vain cependant.

    La mise hors course de son mentor va sonner le glas de ses ambitions politiques. Déjà exclu du RNP au moment de la scission avec le MSR (octobre 1941), il ne tarde pas à l’être également du MSR à la demande de Jehan de Castellane et Georges Soulès, qui ont repris en main les destinées du mouvement et cherchent à se démarquer des ultras (fin 1942).

   Privé d’activités politiques, Raymond Hérard trouve bientôt un emploi à l’hebdomadaire « France-Europe »8. Il garde cependant des contacts suivis avec nombre d’anciens militants. Lui et son épouse reçoivent d’ailleurs fréquemment chez eux Alice Filiol, la femme de Jean. Ils lui apportent un soutien financier afin qu’elle puisse subvenir aux besoins de ses deux enfants.

    Raymond Hérard reprend finalement du service au début de l’année 1944 en rejoignant la Milice française. Le 21 juillet 1944, il est nommé par Joseph Darnand à la tête du camp d’internement des Tourelles en remplacement d’Henri Charbonneau. Il quitte finalement Paris en août 1944 et se réfugie alors en Allemagne en compagnie des autres miliciens. Sans illusion sur l’avenir, il avait déjà profité d’un précédent séjour en Espagne9 pour mettre sa femme et son fils à l’abri dans la maison que ses beaux-parents possédaient au n°11 de la rue Alejandro Garcia, à Santander.

. La fuite et l’exil

    D’abord installé à Ulm puis à Sigmaringen, Hérard s’investit dans la création d’un service de police parallèle pour le compte Fernand de Brinon, le chef de la délégation gouvernementale française. Il participe aussi sans doute à l’Organisation Technique (OT). Cette structure, fondée en octobre 1944 par Jean Filiol et Edmond Degans avec l’aide des Allemands, avait pour but de former des agents de renseignement et des saboteurs qui devaient être ensuite parachutés derrière les lignes ennemies dans le but d’appuyer une (éventuelle) contre-offensive de la Wehrmacht.

    En mars 1945, Raymond Hérard passe en Italie avec le dernier carré de la Milice. Fin avril, au moment de la débâcle, il est arrêté par les partisans italiens. Sachant qu’il joue désormais son va-tout, il se surpasse en réussissant à se faire passer pour un républicain espagnol, ce qui lui vaudra d’être rapidement libéré. Son art consommé de la clandestinité lui permet alors de revenir incognito à Paris. En août 1945, il rend ainsi discrètement visite à son frère. Il se fera remettre par lui une importante somme d’argent, fruit de la vente des meubles de son ancien appartement de la rue Descombes.

    Raymond Hérard parvient ensuite à gagner l’Espagne, un pays où il dispose on l’a vu de solides attaches. En février 1946, il est recruté par le colonel Vicente Isidoro Fernandez de Bascaran (1909-2003), le patron du SIAM, le service de renseignement militaire espagnol. L’officier lui donne alors pour mission de bâtir un réseau de renseignement qui travaillera au profit du régime franquiste. Il lui assigne trois objectifs : l’informer sur les mouvements des troupes françaises stationnées le long de la frontière, enquêter sur les activités des émigrés espagnols installés au delà des Pyrénées, essayer de nouer des liens avec les milieux conservateurs et anti-communistes français.

    Hérard mobilise alors ses vieilles connaissances et parvient ainsi à installer un vaste réseau d’agents entre Saint-Sébastien, Barcelone, Toulouse, Marseille, Bordeaux, Paris, Reims et Lille. Resté en Espagne, il communique avec eux par radio exactement comme les résistants le faisaient avec Londres pendant la guerre. Selon un rapport de la CIA, il va également participer aux négociations menées par les Espagnols pour recruter l’ancien agent allemand Hans Sommer, un redoutable homme de l’ombre que Hérard avait sans aucun doute connu lors de l’occupation puisque ce dernier avait dirigé l’antenne du SD à Marseille.

    Mais la justice française ne l’a pas oublié. Le 17 mai 1945, Raymond Hérard est ainsi officiellement inculpé pour attentat à la sécurité extérieure de l’Etat. Le 5 juin, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt délivré par le juge d’instruction Comet. Le 27 août suivant, ce même magistrat délivre à son encontre une commission rogatoire. En fin de compte, le 18 décembre 1947, Raymond Hérard sera condamné par contumace à dix ans de travaux forcés par la cour de justice de la Seine. Cette peine relativement « faible » s’explique par le fait que son dossier judiciaire soit pour ainsi dire presque vide. Il y est simplement qualifié d’agent allemand par divers témoins mais sans qu’aucune pièce ne vienne établir le détail des activités qu’il aurait mené au profit de l’occupant. Son dossier fera l’objet d’une cessation de recherche le 9 septembre 1965.

    Il semble que Raymond Hérard ne soit pas demeuré très longtemps en Espagne. On sait en effet que les relations franco-espagnoles, initialement très tendues, vont finir par s’apaiser quelque peu. Guerre froide oblige, Paris et Madrid vont en effet rapidement se rendre compte qu’elles partagent en réalité le même ennemi, à savoir l’expansionnisme soviétique. Déclenchée par la DST le 7 septembre 1950, l’opération « Bohême-Paprika » va d’ailleurs entraîner l’arrestation de près de 300 communistes étrangers, dont 250 Républicains espagnols, qui seront en partie expulsés vers l’URSS. Avec cette opération, France mettait un terme brutal au soutien qu’elle avait jusque-là offert aux insurgés anti-franquistes. Un accord tacite sera ensuite trouvé avec l’Espagne qui, de son côté, s’emploiera à ce que les ex-collaborateurs réfugiés sur son sol se tiennent tout à fait tranquilles.

    Le réseau fondé par Hérard sera alors, si ce n’est liquidé, du moins mis en sommeil, et son chef trouvera bientôt une voie de sortie vers l’Amérique du Sud. A en juger par le nombre de réfugiés politiques français qui se sont installés au Venezuela après être passés par l’Espagne, on peut penser qu’une véritable filière d’exfiltration a dû exister entre les deux pays10. On sait ainsi qu’ont pu en bénéficier Paul Vigouroux (1919-1980), André Tenaille (1909-1986), Annie Mouraille (1913-1984), Yves Moynier et Ludovic Guichard, tous d’anciens membres de la Cagoule, du MSR ou de la Milice française (et parfois des trois à la suite).

    Raymond Hérard aura sans doute fait partie de ce groupe et, même si l’on ignore la date de son départ vers l’Amérique du Sud, on sait en tout cas qu’il habitait à Caracas le 29 octobre 1976 (Edificio Angostura). A cette date en effet, il a sollicité et obtenu une remise gracieuse de son interdiction de séjour en France. La date et le lieu de décès de Raymond Hérard nous sont malheureusement demeurés inconnus.

    Dans les rapports de police, son nom se retrouve fréquemment orthographié HEVRARD, EVRARD ou ERARD, ce qui n’aide guère aux recherches.

Notes : 

1 Plus lointainement, les Hérard viennent du Forez.

2 A Marseille, il habitera successivement 24 rue de village, puis 84 traverse de La Madeleine et enfin 14 rue du jeune Anacharsis.

3 Entre 1938 et 1942, le KO-Spanien fut le plus important détachement de l’Abwehr en dehors des pays occupés. Il comptait alors près de 200 employés et plus d’un millier d’agents. Tous étaient placés sous l’autorité de Gustav Leissner, alias Gustavo Lenz.

4 A Paris, le couple Hérard habitera successivement 5 rue Cognacq-Jay (7ème arr., avril 1941 – avril 1942) puis 15 avenue d’Orsay (avril 1942 – novembre 1943) avant d’emménager dans l’ancien appartement réquisitionné d’un israélite, au n°23 de la rue Descombes (17ème arr., novembre 1943 – juin 1944).

5 Maria del Pilar Gallardo était née à Santander (Cantabrie, Espagne) le 24 janvier 1913.

6 Ensemble, les époux Hérard auront un fils : Jean Robert Maurice Raymond, né le 4 juillet 1942.

7 L’enquête a démontré que l’équipe était composée de Maurice Vaillant, Yves Moynier, Ludovic Guichard, Annie Mouraille, Roger Mouraille (sans lien avec la précédente) et Antoine Marchi. On a supposé que Gabriel Jeantet et Eugène Deloncle étaient les commanditaires de l’opération.

Journal collaborationniste fondé en juillet 1942 par le Corse Laurent Malandri. Le frère de Raymond, Lucien Hérard, travaillait de son côté pour « Paris-Soir », le grand quotidien de l’époque.

9 Le 27 avril 1944, les autorités françaises lui avaient fourni le passeport n° 627.

10 Entre 1948 et 1958, l’homme fort du Venezuela fut le général Marcos Perez Jimenez (1914-2001). Anticommuniste viscéral et très pro-Américain, il n’était pas du genre à s’opposer à l’installation dans son pays de réfugiés politiques fascistes. Après avoir été renversé, il finira d’ailleurs ses jours dans l’Espagne franquiste.

Sources :

. Archives de Paris : acte de naissance de Raymond Hérard (6ème arrondissement, année 1905, n° 2 368)

. Archives Nationales : dossier Hérard de la Police judiciaire (19880503/21)

. Archives Nationales : dossier Hérard de la Cour de justice du département de la Seine (Z/6/121, n°1740)

. Archives de la préfecture de police : dossier Hérard des RGPP (77 W 1780-114662)

. Rapport de la CIA sur les activités de Hans Sommer, décembre 1946, Archives en ligne de la CIA, référence 5197c267993294098d50e7af.

Bibliographie :

. Bourdrel, Philippe : Les Cagoulards dans la guerre, Albin Michel, 2009.

. Brunel, Gayle & Finley-Croswhite, Annette : Vengeance, Vichy and the Assassination of Marx Dormoy, à paraître.

Crédit photographique : le monument de Los Proceres, Caracas, Venezuela (Ruurmo [CC BY-SA 2.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)%5D).

 

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