Karl Bömelburg, chef de la Gestapo en France (I)

Karl Bömelburg, chef de la Gestapo en France

Entre juin 1940 et novembre 1943, l’officier SS Karl Bömelburg a dirigé l’antenne française de la Police secrète d’État, la fameuse Gestapo. A ce titre, il a orchestré l’arrestation puis la déportation de plusieurs dizaines de milliers de résistants et de Juifs. Par la suite, il a coordonné les liaisons entre la police allemande et les chefs de l’Etat français, d’abord à Vichy jusqu’à l’été 1944, puis à Sigmaringen jusqu’en avril 1945.

Étonnamment, et malgré les très importantes responsabilités qui ont été les siennes, il est demeuré une figure méconnue. Sa formation et sa carrière avant son arrivée en France sont entourées de nombreuses zones d’ombre, sans parler de sa fin, qui reste encore aujourd’hui particulièrement obscure. On ne possède d’ailleurs même pas une bonne photographie du personnage.

Alors, en attendant qu’une étude plus documentée ne vienne un jour nous éclairer sur tous ces points, voici rassemblés certains des éléments que l’on peut d’ores et déjà trouver dans les différentes études consacrées au sujet. Ils permettront de mesurer le rôle central qu’a joué cet homme lors de l’occupation allemande de la France. Ils pointeront aussi la nécessité qu’il y aurait à pouvoir disposer un jour de sa biographie détaillée. Nul doute en effet qu’un tel travail permettra de lever certains des mystères qui entourent encore cette période.

. Un policier zélé

Aucune véritable étude scientifique n’ayant été consacrée à Karl Bömelburg, on ignore donc encore à peu près tout de sa jeunesse et de la première partie de sa carrière, aussi faudra-t-il rester très prudent à l’égard des informations qui circulent à ce propos.

L’une des rares choses dont l’on soit certain, c’est qu’il est bel et bien né le 28 octobre 1885 dans la ville allemande d’Elberfeld, qui est située près de Düsseldorf1. Il est généralement présenté comme le fils de petits commerçants rhénans (peut-être des boulangers ?). On lit très souvent qu’il aurait également vécu et travaillé à Paris entre 1905 et 1911 et certaines sources prétendent même qu’il aurait aussi pu étudier en Sorbonne2. Quoi qu’il en soit de la véracité de cette dernière affirmation, il aura manifestement profité de ce long séjour parisien pour acquérir une très bonne maîtrise de la langue française, y compris de l’argot. De retour en Allemagne, il s’est marié avec celle qui restera son épouse de toujours, Elisabeth Schneider, née à Wuppertal (tout près d’Elberfeld), le 12 janvier 1891.

Appelé sous les drapeaux en août 1914, Karl Bömelburg va combattre durant quatre années sur le front de l’Ouest, principalement en tant que sous-officier (unteroffizier) au sein du 15ème régiment d’infanterie de réserve. Il sera blessé et obtiendra plusieurs décorations, dont la Croix de fer de seconde classe. Démobilisé en décembre 1918, il part s’installer dans la capitale allemande où il va semble-t-il ouvrir une boutique de confiserie3.

Il a 44 ans en octobre 1929 lorsque la crise économique commence à frapper le pays de plein fouet. Comme bon nombre de ses compatriotes, Karl Bömelburg traverse alors une période très difficile et perd rapidement toute confiance à l’égard des dirigeants républicains, dont il constate chaque jour l’incapacité à enrayer la progression du chômage et de l’instabilité politique. Lui qui semble avoir toujours été un nationaliste intransigeant croit bientôt trouver un recours providentiel dans la personne d’Adolf Hitler, le charismatique leader du Parti National Socialiste des Travailleurs Allemands (NSDAP). Il adhère à cette formation le 1er décembre 1931 (n° 892.239) et se retrouve d’abord affecté à la SA, la troupe de choc du parti, avant de rejoindre la SS, qu’il intègre dès le mois de janvier 1932 (n° 35.898).

Au vu de ses solides états de services militaires, il est bientôt admis au sein de la 2ème compagnie du 6ème régiment de l’Allgemeine-SS (II/6.SS-Standarte). Parce qu’elle est basée à Berlin, et donc au cœur même du pouvoir, cette unité est considérée par Himmler comme l’une des plus importantes dont il dispose. Bömelburg lui-même dirige les escouades SS implantées dans le quartier de Grunewald. Avec ses hommes, il assure la protection des meetings et des réunions du parti qui se tiennent dans cette zone résidentielle située à l’ouest de la ville. Il participe aussi aux campagnes d’affichage et à l’intimidation des militants adverses. Comme tous les autres membres du NSDAP, les SS vont se mobiliser très fortement afin de permettre à leur parti de s’emparer du pouvoir exécutif.

On ne sait pas ce qu’a fait Karl Bömelburg tout de suite après la nomination d’Adolf Hitler à la chancellerie du Reich le 30 janvier 1933. Sans doute est-il demeuré attaché pendant encore quelque temps à l’Allgemeine-SS de Berlin. Mais en avril 1934, le ministre de Prusse, Hermann Göring, accepte de se dessaisir de son contrôle sur la Gestapo, la police politique de Prusse, au profit de la SS d’Himmler. Ce dernier en confie alors la direction à son adjoint, le très redouté Reinhard Heydrich, qui ne va pas tarder à implanter des SS dans tous les rouages de cette institution dont la mission consiste à traquer tous les adversaires du régime national-socialiste. C’est sans doute à cette époque que Bömelburg a rejoint les rangs de la Gestapo.

Ayant débuté comme simple employé aux écritures, il sait faire valoir ses qualités professionnelles pour grimper peu à peu les échelons. Il entre ainsi bientôt à la section II A-1, chargée de la répression du communisme. Comme il parle couramment français, on lui confie la surveillance des opposants allemands qui se sont réfugiés de l’autre côté du Rhin. Parcourant méticuleusement la presse francophone, il doit notamment établir des notes de synthèses sur les activités des chefs de la gauche communiste allemande installés à Paris, en particulier ceux qui gravitent autour de Willy Münzenberg (1889-1940), le responsable de la propagande au sein du Komintern. En septembre 1935, une fois promu au rang d’inspecteur criminel adjoint (Kriminalassisent-anwärter), Bömelburg est envoyé poursuivre un stage de perfectionnement de huit mois à l’école de police de Charlottenburg à Berlin, où on va lui apprendre à maîtriser les toutes dernières techniques en matière de lutte contre la criminalité. En avril 1936, il est promu au rang de commissaire de la police criminelle (kriminalkomissar, KK). Il quitte alors la direction nationale de la Gestapo pour rejoindre l’office régional de Berlin, où il prend la tête de la section consacrée à la répression du communisme.

Alors que le Troisième Reich consolide peu à peu son emprise sur la population allemande, la SS accroît inexorablement ses prérogatives policières. Le 17 juin 1936, au terme d’un processus entamé trois années plus tôt, Heinrich Himmler devient officiellement le chef de toutes les polices allemandes (Chef der Deutschen Polizei). Il aura désormais autorité à la fois sur les troupes chargées du maintien de l’ordre (Ordnungspolizei), sur celles qui conduisent la répression de la criminalité de droit commun (Kriminalpolizei, ou Kripo) et enfin sur celles qui se consacrent à traquer les activités politiques clandestines (Geheime Staats Polizei, ou Gestapo). Parallèlement, la Kripo et la Gestapo qui étaient deux administrations d’État, vont fusionner avec le SD, le service de renseignement de la SS et du parti national-socialiste. Ces trois structures vont dès lors constituer la Police de Sécurité et de Sûreté (Sicherheitspolizei und Sicherheistdienst, SIPO-SD4), qui sera placée sous la tutelle unique de Reinhard Heydrich.

. Le spécialiste des affaires françaises

La perspective d’une guerre avec la France amène bientôt les services secrets allemands à vouloir employer au mieux les talents et l’expérience de Bömelburg. Dans le cadre d’un accord de coopération avec la Commission internationale de police criminelle (CIPC/IKPK), alors basée à Vienne, Bömelburg se retrouve donc chargé d’assurer la liaison entre les polices allemandes et françaises. Ce poste stratégique va lui permettre d’acquérir une très bonne connaissance des rouages de l’administration policière de la IIIème République.

En mars 1938, dans la foulée de l’Anschluss, la CIPC passe sous le contrôle direct de la SIPO-SD et Heydrich lui-même en devient le nouveau directeur. Étonnamment, les autorités françaises décident de ne pas rompre leurs liens avec l’institution, bien au contraire. En juin 1938, tandis qu’elles préparent la visite à Paris des souverains britanniques, dont l’arrivée est prévue pour le 18 juillet, les policiers français reçoivent des informations concordantes faisant état de la possible entrée sur le territoire de plusieurs militants étrangers ayant pour projet d’assassiner le roi George VI. Cette situation les conduit à solliciter officiellement l’assistance de la CIPC.

Mandaté par cet organisme, Bömelburg vient donc à Paris afin de procéder à un échange d’informations et de bons procédés avec ses collègues français. Cette mission se déroule parfaitement et la visite du roi George VI sera même un beau succès diplomatique pour Paris. Mais Bömelburg, qui a reçu des consignes claires de sa hiérarchie, profite également de son séjour pour se livrer à une enquête minutieuse sur l’état de l’opinion publique française. Plutôt que les locaux de l’ambassade d’Allemagne situés rue de Lille, il préfère s’installer dans un petit hôtel de Neuilly-sur-Seine afin d’être plus libre de ses mouvements. Pendant plusieurs semaines, il va ainsi parcourir assidûment les réceptions, les cocktails et les vernissages, jouant de son excellent entregent pour nouer de nombreux contacts qui s’avéreront souvent très utiles par la suite5.

A la fin de cette même année 1938, après qu’un conseiller diplomatique a été assassiné par un jeune réfugié juif d’origine allemande, la SIPO-SD décide de renvoyer Bömelburg à Paris. Promu au grade de Kriminalrat (conseiller criminel), il sera officiellement détaché auprès de l’ambassade d’Allemagne afin de conduire une enquête sur cet événement dont les conséquences ont été particulièrement tragiques en Allemagne, puisqu’il a servi de prétexte au déclenchement de la fameuse « Nuit de Cristal » (9-10 novembre 1938). Bömelburg arrive sur place le 3 décembre 1938, mais l’assassin ayant été arrêté sur les lieux de son crime et n’ayant manifestement pas bénéficié de complicités actives, l’affaire est vite bouclée. Le policier profite donc une nouvelle fois de son séjour pour reprendre contact avec les milieux pro-allemands.

Mais ces manœuvres, qui interviennent dans un contexte international beaucoup plus tendu que précédemment, attirent bientôt l’attention de la police française et du deuxième bureau militaire, qui a récemment démantelé plusieurs réseaux d’espionnage allemand (affaires Georges Frogé, Stackelberg et Aubert). En janvier 1939, convaincu d’avoir voulu nuire à la sécurité nationale, Bömelburg est expulsé du territoire à la demande de l’inspecteur-général de la Sûreté, Antoine Mondanel. Bömelburg, qui escomptait pouvoir obtenir un poste officiel d’attaché auprès des autorités policières parisiennes, se montre certes très désappointé mais doit néanmoins s’exécuter.

A peine deux mois plus tard, à la suite de l’occupation de la Tchéquie par le Reich, Bömelburg est dépêché en urgence depuis Berlin vers ce malheureux pays qui, une fois amputé de ses régions germanophones (les Sudètes), est devenu le protectorat de Bôheme-Moravie. Installé à Prague, dans l’enceinte de l’austère palais Petschek, il aura pour supérieur direct l’homme qui a été choisi pour y diriger la Gestapo, Hans-Ulrich Geschke6. Placé à la tête de la section A-2, Bömelburg met toute son énergie à démanteler ce qu’il reste de l’appareil clandestin du parti communiste tchèque. Si le chef du PCT, Klement Gottwald, réfugié à Moscou depuis novembre 1938, réchappe à l’arrestation, ce n’est pas le cas de plusieurs centaines de militants qui seront arrêtés au fil des semaines par les services de sécurité allemands. Bömelburg s’implique aussi dans le « règlement de la question juive ». Alors que la SS contribue à l’imposition de lois antisémites très dures, elle encourage aussi l’émigration des Juifs vers l’étranger. Entre 1939 et 1941, près de 26 000 des 110 000 Juifs de Tchéquie seront ainsi autorisés à quitter le pays. Bömelburg va personnellement s’impliquer dans ce processus en négociant avec un militant britannique, Nicholas Winton, le départ vers le Royaume-Uni de près de 664 enfants juifs.

Mais la répression allemande en Tchéquie passe bientôt au second plan lorsque la grande guerre, dont chacun présentait l’imminence, finit par éclater le 1er septembre 1939, au moment où l’armée allemande franchit les frontières de la Pologne. La victoire militaire qui s’ensuit, obtenue en seulement quelques jours, provoque un sentiment de stupeur générale en Europe. A peine quelques mois plus tard, le Danemark et la Norvège sont également envahis et occupés (avril-mai 1940). Puis viennent le tour des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg et de la France, qui passent eux aussi sous la botte du Reich après seulement quarante jours d’affrontements (mai-juin 1940).

A chaque fois que la Wehrmacht s’assure ainsi par la force le contrôle d’un nouveau territoire, les différents services de sécurité allemands étendent immédiatement leur domination sur ses arrières par le biais d’équipes mobiles d’intervention, les Einsatzgruppen. Mais les terribles violences qui ont accompagné cette prise en main lors de la campagne polonaise n’ont pas été du goût d’une partie de l’état-major, dont certains chefs (le général Johannes Blaskowitz en particulier), n’ont pas hésité à faire remonter leurs plaintes jusqu’au Führer. Dans un geste d’apaisement inédit, ce dernier va alors décider de ne pas confier à la SS les questions de police et de sécurité dans les territoires qui seront éventuellement conquis à l’Ouest. En France notamment, la Wehrmacht restera seule compétente pour assurer les missions de sécurité et de renseignement, par le biais de sa gendarmerie militaire (Feldgendarmerie), de sa police de campagne (Geheime Feld Polizei, GFP) et de sa section de contre-espionnage (Abwehr)7.

Bien qu’ils aient dû encaisser sans broncher cette décision qui a constitué pour eux un véritable camouflet, Himmler et Heydrich vont obtenir l’accord d’Hermann Göring pour que le RSHA puisse malgré tout faire fonctionner à Paris un modeste bureau de renseignement. Entre le 20 et le 24 juin 1940, au moment même où l’armée allemande achève sa conquête de la France, un premier commando d’une vingtaine d’hommes de la SS dirigés par Helmut Knochen et Karl Bömelburg s’infiltre donc discrètement dans la capitale française8.

Leur venue ne lui ayant pas été annoncée, le général Kurt von Briesen, commandant de la place militaire de Paris, commence par refuser toute coopération avec les membres de ce kommando. Les relations entre les SS et l’autorité militaire deviendront à ce point tendues que lorsque de nouveaux renforts SS vont être envoyés sur zone, ils devront revêtir l’uniforme de la police de campagne (GFP) pour ne pas être interceptés en cours de route. Après quelques semaines de discussions houleuses, Heydrich réussit finalement à obtenir des généraux Wagner et Brauchitsch, de la direction de l’armée de terre (OKH), que des personnels du SD puissent effectivement travailler en France en toute légalité. Afin de leur donner plus de poids lors des discussions qu’ils auront à mener avec leurs partenaires, Heydrich choisit également de nommer l’un de ses adjoints, le brigadführer Max Thomas, à la tête d’une délégation régionale supervisant les bureaux de la SIPO-SD de Paris et de Bruxelles. Installé principalement en Belgique, le général Thomas influera assez peu sur le travail de ses subordonnés parisiens.

Au début du mois d’août 1940, au moment où cette vaste réorganisation est en train de s’achever, Bömelburg devient donc officiellement le premier chef de la section IV du RSHA (Führer RSHA Amt IV im Frankreich), c’est-à-dire le patron de la Gestapo en France. Il va occuper ce poste stratégique durant plus de trois années.

. L’installation de la Gestapo en France

Le fait que Bömelburg ait été dépêché à Paris depuis Prague pour occuper cette fonction d’une grande importance prouve que ses supérieurs ont une totale confiance dans ses talents d’enquêteur, mais aussi dans ses qualités de meneur d’hommes et de fin diplomate. Cela démontre aussi qu’ils n’ont aucun doute quant à la fermeté de ses convictions idéologiques, car ils savent bien que cette mission le conduira nécessairement à assumer des mesures très difficiles.

Dès son arrivée à Paris, Bömelburg commence par installer ses quartiers au n°11 de la rue des Saussaies. Il n’a pas choisi ce lieu par hasard puisqu’il s’agit du siège de la Sûreté nationale9. Il va d’ailleurs installer son bureau personnel dans celui de l’inspecteur-général Mondanel, assumant ainsi une revanche personnelle contre l’homme qui l’avait fait expulser du pays à peine deux ans plus tôt ! Conformément aux ordres qu’il a reçus, Bömelburg va ensuite organiser ses services en copiant assez fidèlement le modèle berlinois. La Gestapo française comprendra ainsi une dizaine de sections (referat), chacune dirigée par un chef de section (referat-leiter).

Pour l’assister, Bömelburg va choisir l’officier SS Hans Kieffer, un spécialiste du contre-espionnage venu de la Gestapo de Karlsruhe. Cet homme à l’allure trapue deviendra le chef de la section IV-E, en charge de la traque des espions alliés. Heinrich Reiser et Bruno Sattler seront quant à eux les deux patrons de la section IV-A et s’occuperont plus particulièrement de la poursuite des militants communistes. Karl Döring (IV-C) sera en charge des questions administratives et judiciaires. Le chef de la sous-section IV-B-4 (ex IV-J), Theodor Dannecker, pilotera quant à lui les questions juives. Enfin, Arthur Katzemich (IV-S) assurera la sécurité du personnel de la rue des Saussaies. On trouvera également de plus petites sections consacrées à l’archivage, à la surveillance des réfugiés, à celles des franc-maçons ou des organisations catholiques.

Au total, près d’une centaine de personnes vont ainsi travailler sous la conduite de Bömelburg à partir de l’été 1940 dans l’immeuble austère de la rue des Saussaies. Tous seront dotés d’un grade SS, y compris les interprètes, les employés de bureau et les secrétaires. Fidèle héritier de la tradition prussienne, Bömelburg exige de tous ses personnels qu’ils obéissent strictement aux règlements qui encadrent leur travail. Chaque jour, une masse phénoménale d’écrits en tout genre est produite mais, comme dans tout service de sécurité, le cloisonnement est sévère et chacun ne doit donc travailler que dans son domaine de compétence, sans chercher à se mêler de ce qui le concerne pas directement. Knochen et Bömelburg seront ainsi les seuls à avoir une vision d’ensemble des dossiers en cours.

Dès l’automne 1940, les chefs de la SIPO-SD s’emploient également à installer quelques bureaux de liaison (Aussenkommando) dans certaines grandes villes françaises, dont Rouen, Vichy, Dijon et Bordeaux, mais aussi à Gex, près de la frontière suisse. Au cours de l’été 1941, Bömelburg va d’ailleurs se rendre personnellement en zone Sud afin de réactiver certains des réseaux de renseignement qu’il avait constitués avant guerre.

Jusqu’au printemps 1942, l’antenne française de la Gestapo va consacrer l’essentiel de son activité à réaliser un travail classique de renseignement, laissant à l’armée les aspects proprement opérationnels. Afin d’en savoir plus sur les personnes et sur les groupes qui constituent ou qui pourraient constituer une menace à l’égard des intérêts allemands, les hommes de Bömelburg commencent par étudier soigneusement toutes les archives, en particulier préfectorales, que les autorités françaises n’ont pas eu le temps de détruire ou d’emporter au cours de leur retraite10. Qu’il s’agisse d’informations sur le parti communiste, les loges maçonniques, les mouvements étudiants ou les associations juives, toute cette masse de données va servir à l’établissement de rapports détaillés dont des copies seront ensuite transmises à l’administration centrale du RSHA située à Berlin, mais aussi au siège du gouvernement militaire (MBF) à Paris.

Parmi les différentes tâches qu’on lui a confié, Bömelburg doit notamment s’atteler au démantèlement des réseaux que les communistes ont implanté dans les différents ports français. Ceux-ci ont en effet été à l’origine de nombreux sabotages commis contre les navires allemands depuis le milieu des années 30 et la SIPO-SD veut absolument pouvoir châtier les responsables de ces attaques. En vertu des accords conclus avec l’armée, les SS ont cependant reçu l’ordre de transmettre toutes leurs informations à la GFP, la seule autorité compétente pour mener à bien les perquisitions et arrêter les suspects.

Les experts du SIPO-SD s’investissent par contre plus directement dans la traque des quelques milliers d’opposants allemands au régime nazi qui avaient trouvé refuge en France depuis 1933. En vertu de la clause n°19 de l’armistice signé à Rethondes, les autorités françaises ont en effet reçu l’ordre d’arrêter puis de livrer aux Allemands tous les ressortissants que ces derniers leur réclameront. Plusieurs des chefs de l’opposition anti-hitlérienne seront les victimes de cette politique11. La Gestapo possède également une liste noire de policiers français connus pour leur anti-nazisme et qu’elle compte bien mettre hors d’état de nuire. Les commissaires Colombet, Clomburger, Challier, Danty, Desvaux, Detret, Farinet et Christian Louis seront ainsi arrêtés et transférés en Allemagne pour y être interrogés. Les protestations du préfet de police de Paris, Roger Langeron et celles de plusieurs autres officiels permettront cependant à ces officiers de police d’être tous libérés assez rapidement.

Dans le cadre de leurs activités, les SS entreprennent aussi de nouer des relations étroites avec les plus hautes autorités politiques. Dès le mois de juillet 1940, le ministre français de l’Intérieur, Adrien Marquet, a d’ailleurs sollicité une entrevue avec Knochen afin de pouvoir disposer par son biais d’une nouvelle ligne de contact avec Adolf Hitler, en plus de celle passant officiellement par l’ambassadeur du Reich, Otto Abetz. En février 1941, Bömelburg obtient du MBF la possibilité d’avoir des entretiens privés avec les principaux chefs de la police française : Henri Chavin (secrétaire-général à la police), Georges Perrier (inspecteur général délégué de la Sûreté nationale), Léon Blanc (inspecteur général de la police administrative) et Maurice de Rodellec (directeur de la police de Marseille). A un Perrier à la fois inquiet et surpris, il exprime notamment son insatisfaction face au peu de résultats de la répression anti-communiste, mettant en balance les quelques milliers d’arrestations effectuées dans les milieux communistes depuis septembre 1939, avec le million et demi de voix obtenues par le PCF aux élections d’avril 1936. En mars 1941, Bömelburg convoque tous ses adjoints pour qu’ils abordent directement avec Léon Blanc la question de la collaboration policière. Les Français ayant cédé face aux demandes allemandes, des délégués permanents de la SIPO-SD viendront alors installer des bureaux de liaison au sein de la préfecture de police de Paris ainsi qu’au ministère de l’Intérieur à Vichy. Dès lors, les chefs de service des Renseignements Généraux de la préfecture devront venir chaque mercredi faire leurs rapports à la rue des Saussaies.

Désireux de promouvoir les intérêts allemands sur la scène politique française, les hommes de Bömelburg s’investissent enfin dans la manipulation de divers mouvements collaborationnistes, en particulier le Parti Populaire Français (PPF) de Jacques Doriot et le Rassemblement National Populaire (RNP) de Marcel Déat, qui vont recevoir d’importants subsides. Certains de ces rapprochements iront d’ailleurs assez loin. Ainsi, dans la nuit du 2 au 3 octobre 1941, le SIPO-SD va-t-il organiser une série d’attentats contre des synagogues parisiennes avec l’aide de militants du Mouvement Social Révolutionnaire (MSR) d’Eugène Deloncle. Mais l’une de ses explosions blessera par inadvertance deux soldats allemands qui patrouillaient dans la rue de la Victoire, ce qui entraînera des récriminations de l’armée. Le responsable de l’opération, Hans Sommer, sera brièvement renvoyé en Allemagne… avant de revenir finalement à son poste.

L’une des missions les plus sensibles de Bömelburg concerne d’ailleurs la « question juive » (Judenfräge). Son contrôle sur le sujet est total puisque le 4 octobre 1940, Heydrich a obtenu du MBF qu’il se décharge totalement de ce volet de la politique allemande au profit du service de Theodor Dannecker. En liaison avec Carl-Théo Zeitschel, le responsable des questions juives à l’ambassade d’Allemagne, ce dernier commence par demander à la police et l’administration française de procéder à l’application des premières mesures antisémites décidées par l’autorité occupante. Dès le 27 septembre 1940, les Juifs présents en zone Nord reçoivent ainsi l’ordre de venir se présenter dans les bureaux des commissariats et préfectures pour s’y faire officiellement recenser. La mention « juif » devra désormais figurer sur leur carte d’identité ou sur leur carte de résident. Cette procédure va permettre la constitution d’un premier fichier nominatif des Juifs installés en France, le « fichier Tulard », qui sera ensuite constamment remis à jour. Dans le même temps, toutes les entreprises possédées par des Juifs seront peu à peu placées sous séquestre et « aryanisées », c’est-à-dire revendues à des propriétaires non-Juifs, ce qui va générer au passage un intense trafic de biens et de capitaux.

A partir du printemps 1941, pressé par Berlin, Dannecker entreprend de passer à la vitesse supérieure. C’est alors que vont se produire les premières arrestations massives de Juifs étrangers, à l’image de la rafle dite du « billet vert », qui sera menée dans la région parisienne le 14 mai 1941. Le fichier Tulard va alors prendre toute son importance puisque c’est lui qui servira de base de travail pour mener ces opérations, qui vont ensuite se répéter et prendre de plus en plus d’ampleur au fil des mois et des années. Les personnes arrêtées seront d’abord dirigées vers différents centres de rétention créés à cet effet à Pithiviers, Beaune-la-Rolande, Compiègne et Drancy. A partir du 27 mars 1942, au prétexte de les envoyer travailler en Allemagne, les internés seront acheminés par train vers les six centres d’extermination nouvellement construits en Pologne occupée. Dès lors, la politique raciste et criminelle que les Allemands conduisaient déjà à l’égard des Juifs deviendra authentiquement génocidaire. Moins que nul autre, Bömelburg ne pouvait pas l’ignorer.

Bömelburg
Karl Bömelburg

. La « prise en main » du printemps 1942

Alors que la guerre se durcit et que la résistance au nazisme se renforce, la concurrence entre l’armée et la SS va peu à peu évoluer au bénéfice de cette dernière. Le 25 mars 1941, la GFP doit ainsi accepter que la Gestapo puisse procéder elle-même non seulement à des perquisitions et des saisies, mais aussi à des arrestations de personnes. Elle ne va d’ailleurs pas s’en priver et en mènera désormais entre 20 et 30 chaque mois. Peu de temps après, le MBF doit aussi accepter que la SIPO-SD puisse mener ses propres enquêtes sans avoir à solliciter l’accord de l’armée. Finalement, face à la multiplication des attentats, le haut commandement finit par accepter que l’armée soit dessaisie des questions de sécurité et que celles-ci reviennent donc pleinement à la SS. Le 9 mars 1942, Adolf Hitler promulgue un décret en ce sens et crée le poste de « chef suprême de la SS et de la police en France occupée » (Höhere SS und Polizeiführer im Frankreich).

Choisi pour occuper cette nouvelle fonction, l’officier SS Karl-Albrecht Oberg arrive à l’aéroport du Bourget le 5 mai 1942, accompagné d’Heydrich en personne. Le jour suivant, le grand patron des services de sécurité allemands rencontre les principaux officiels français dans le grand salon de l’Hôtel Ritz. Après avoir pris officiellement ses fonctions le 1er juin 1942, Oberg commence par installer ses bureaux personnels au n°57 du boulevard Lannes. Fait notable, et contrairement à la plupart de ses adjoints dont Knochen et Bömelburg, le nouveau venu ne parle pas un mot français. Il ne montrera d’ailleurs jamais d’intérêt particulier ni pour le peuple, ni pour la culture française et son angle d’approche des problèmes restera purement technique et sécuritaire. Impitoyable dès lors qu’il s’agit de défendre les intérêts du régime national-socialiste, Oberg donnera cependant toujours de lui l’image d’un parfait honnête homme, bon père de famille, à la fois équitable et correct avec ses subordonnés.

Quatre ordonnances, publiées entre le 23 et le 29 mai 1942, vont venir régler le nouveau partage des rôles entre l’armée et la SS qui deviendra effectif à partir du 1er juin. Si, sur le plan des moyens techniques, le HSSPF va rester subordonné à la Wehrmacht, pour tout le reste, il dépendra directement du ReichsführerSS, qui fixera à la fois les objectifs à atteindre et les méthodes à suivre. Nanti de pouvoirs accrus, la Gestapo verra également ses effectifs considérablement renforcés par l’adjonction d’hommes venus de la GFP. Le nombre d’hommes placés sous la conduite de Bömelburg passera ainsi d’une centaine à près de 2 50015.

La SIPO-SD profite bien évidemment de cette nouvelle donne pour renforcer sa structure régionale. Des antennes officielles (Kommando der Sipo-SD, KdS) sont ainsi rapidement inaugurées dans toute la zone Nord puis, à partir de novembre 1942, en zone Sud également16. A la fin de l’année 1942, la SIPO-SD se retrouvera implantée à titre permanent dans plus d’une vingtaine de grandes agglomérations françaises, mais aussi dans près de 160 villes moyennes. En janvier 1943, afin de faire de la place pour le tout nouveau KdS-Paris, Bömelburg quitte la rue des Saussaies pour s’installer dans des locaux plus spacieux situés au n°82 de l’avenue Foch, tout près de ceux de Knochen.

Tous ces nouveaux KdS seront tous dotés d’un service IV, dont les responsables rendront compte directement à Bömelburg. Parmi les plus importants de ces envoyés, on peut citer Friedrich-Wilhelm Dohse à Bordeaux, Karl-Heinz Müller à Toulouse, Leo Nuttgens à Marseille, Heinrich Hillers à Paris, Erich Barthels à Limoges et bien sûr Klaus Barbie, qui sera nommé à Lyon en février 1943. Placés en contact permanent avec leur chef par le biais de téléscripteurs filaires de type Fernschreiber (FS), tous ces hommes se montreront les fidèles artisans de la politique décidée par Bömelburg depuis Paris.

Notes : 

1 Cette information apparaît notamment dans un registre recensant les policiers de la Gestapo publié aux éditions Carl Hermann à Berlin en 1935.

2 Certains prétendent qu’il y était employé de commerce, d’autres ouvrier du bâtiment ou bien encore qu’il travaillait comme technicien pour le compte d’une société suisse qui posait le chauffage central à l’école militaire. Cette dernière solution semble d’ailleurs la plus probable. Mais certaines sources placent ce séjour parisien beaucoup plus tard, dans les années 1930 et y voient une couverture pour organiser l’implantation en France d’un service de renseignement. Ne s’agit-il pas d’une confusion avec les voyages de 1938 ? La question demeure posée.

3 Contrairement à ce que l’on a parfois affirmé, il ne semble pas que Bömelburg ait travaillé pour la police du régime de Weimar.

4 En septembre 1939, la SIPO-SD deviendra officiellement l’Office central de la Sécurité du Reich (Reichssicherheitshauptamt, RSHA), mais le terme de SIPO-SD continuera d’être utilisé, y compris dans les documents officiels.

5 C’est ainsi qu’il connut le policier André Baillet, futur patron des Renseignements Généraux de la préfecture de police de Paris, mais aussi le journaliste britannique Nicolas Bodington, futur chef de la section française du SOE.

6 Qui avait lui-même pour supérieur le BdS (commandant de la SIPO-SD) Walter Stahlecker et le HSSPF (chef suprême de la SS) Karl-Hermann Frank.

7 Le poste français de l’Abwehr (AST-Paris) était dirigé par Friedrich Rudolf et la GFP par le Dr Sowa, qui furent tous les deux de fréquents interlocuteurs de Bömelburg. Les agents de la GFP pouvaient travailler en civil, contrairement aux Feldgendarme. A l’été 1942, il y avait environ 6 000 hommes dans la Feldgendarmerie et 2 000 dans la GFP.

8 Parmi les autres membres de ce premier groupe, plusieurs effectueront une longue carrière en France occupée : Herbert Hagen, Hans Sommer, Rolf Mühler, Wilhelm Hülf, August Moritz, Ernst Heinrichsohn et Paul Dittel. En juillet 1940, un nouveau groupe d’une vingtaine d’hommes va arriver, dont Hans Kieffer et Arthur Katzemich. Au cours de l’automne 1940 arriveront également Kurt Lischka, Roland Nosek et Theodor Dannecker. Les principaux hommes qui allaient superviser le travail de la police allemande durant toute l’occupation étaient donc déjà tous présents sur place dès la fin de l’année 1940.

9 Entièrement reconstruit en 1934-1935, l’immeuble de la rue des Saussaies était organisé en quatre ailes de sept étages réparties autour d’une grande cour centrale. Encore en usage aujourd’hui, il abrite toujours de nombreux services de police. L’état-major allemand avait soigneusement étudié le Guide Michelin et choisi d’installer ses services dans les meilleurs emplacements de la capitale. La Platzkommandantur de Paris opta pour le Grand Hôtel Intercontinental de la place de l’opéra, l’Abwehr pour l’hôtel Lutetia du boulevard Raspail, le commandant du Grand Paris pour l’hôtel Meurice, le MBF pour le Majestic et la Luftwaffe pour le palais du Luxembourg. Après avoir résidé pendant quelque temps à l’hôtel du Louvre, Knochen s’installa finalement avenue Foch. Le commandant du front Ouest, le maréchal Gerd von Rundstedt, choisit une destination plus excentrée et se fit construire un gigantesque centre de commandement souterrain sur la commune de Saint-Germain-en-Laye.

10 Dès le mois de juin 1940, la Gestapo avait mis la main sur les 7 millions de fichiers conservés par la Sûreté nationale. A la mi-juillet 1940, elle découvrit aussi une péniche remplie d’archives de la préfecture de police de Paris qui s’était retrouvée bloquée à Bagneux-sur-Loing depuis le 12 juin en raison de l’effondrement d’un pont. Il faudra beaucoup de patience aux analystes du RSHA pour arriver à décrypter le contenu du million de dossiers et des trois millions de cartes d’identité que contenait l’embarcation. En mars 1943, Geissler mettra la main sur une partie des archives du 2ème bureau stockée à Ledenon près de Nîmes.

11 Bömelburg va s’investir personnellement dans la traque d’Herschel Grynszpan, l’assassin du conseiller Vom Rath, qui sera finalement livré par les autorités françaises le 18 juillet 1940. Transféré en Allemagne, il mourra en détention. L’industriel Fritz Thyssen sera livré en décembre 1940, tandis que le philosophe Walter Benjamin préférera se suicider plutôt que de tomber aux mains des Nazis en septembre 1940. L’ancien ministre autrichien des Finances, Rudolf Hilferding, sera livré en février 1941 et lui aussi préférera se suicider. Le député allemand Rudolf Breitscheid, capturé avec Hilferding, mourra quant à lui en déportation. Mais la Gestapo ne se contentera pas d’appréhender ses propres concitoyens. Elle rendra aussi des services à certains pays alliés. Bömelburg sera notamment en relation avec le commissaire espagnol Pedro Urraca, qui obtiendra de lui la livraison de nombreux chefs républicains réfugiés en France (Cf, Gomez Luis : « El cazador de rojos », El Pais, 28 septembre 2008).

12 Ainsi dénommé d’après André Tulard (1899-1967), le sous-directeur du service des Juifs et des Étrangers de la préfecture de police de Paris.

13 Les 15 et 16 juillet 1942, le service IV-B-4 va ainsi orchestrer l’opération « Vent printanier », plus connue sous le nom de « rafle du Vel d’Hiv ». Menée dans toute la zone nord, elle permettra l’arrestation de plus de 13 000 Juifs étrangers ou apatrides. Mais il faut rappeler que l’objectif fixé était de 22 000 arrestations et que la plupart de ceux qui y ont réchappé avaient été prévenus par des policiers qui s’opposaient à cette politique.

14 Il s’agissait de Chelmno, Belzec, Sobibor, Treblinka, Majdanek et Auschwitz-Birkenau qui seront mis en fonction entre mars et juillet 1942 et fonctionneront jusqu’à l’automne 1943 pour les cinq premiers et jusqu’à l’automne 1944 pour Auschwitz-Birkenau.

15 Le RSHA contrôlant désormais la GFP, Bömelburg va récupérer au passage le service d’Arthur Maag, spécialisé dans la recherche des auteurs d’attentats contre l’armée allemande. L’Abwehr restera quant à elle sous le contrôle de l’armée jusqu’en février 1944, date à laquelle elle passera elle aussi sous le contrôle de la SIPO-SD.

16 Le pouvoir de Bömelburg s’étendit sur toute la France dès l’invasion de la zone Sud en novembre 1942. Toutefois, l’Alsace et la Moselle avaient été annexées au Reich dès le mois de juillet 1940 et dépendaient donc directement des structures berlinoises. Le Nord-Pas-de-Calais avait été rattaché aux autorités militaires allemandes de Belgique, le MBB, et dépendait de ce fait du bureau bruxellois de la Gestapo. Enfin, une partie de la Provence et des Alpes furent placées sous occupation italienne entre novembre 1942 et septembre 1943, date à laquelle les autorités allemandes remplacèrent les Italiens.

Crédit photographique : soldats allemands sur la place de la Concorde (août 1942)[Bundesarchiv, Bild 101I-256-1228-10 / Micheljack / CC-BY-SA 3.0 [CC BY-SA 3.0 de (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/de/deed.en)%5D, via Wikimedia Commons]

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