Pierre Juillet « Le Machiavel de la Cinquième République »

   Ceux qui ont déjà parcouru ce blog n’ignorent rien de notre attrait pour les personnages de l’ombre, ces hommes mystérieux qui ont souvent joué un rôle éminent dans l’histoire mais dont le public n’a que rarement reconnu l’importance, souvent d’ailleurs parce qu’eux mêmes ont préféré rester dans les coulisses. Or, nul doute que Pierre Juillet entre parfaitement dans cette catégorie. Durant près de vingt ans, de 1962 à 1979 plus précisément, il a en effet été l’un des personnages les plus puissants de la Vème République. Gaulliste fervent depuis sa jeunesse, il fut l’un des patrons de l’UNR avant de devenir ensuite l’un des hommes clés de la présidence Pompidou. Il a littéralement créé le personnage de Jacques Chirac pour le compte duquel il a mis en place le RPR en 1976. Et pourtant, malgré tout cela, il n’a encore jamais fait l’objet d’une véritable biographie !

. De Tardieu à de Gaulle

Pierre Juillet naît le 22 juillet 1921 dans le hameau de Puy Judeau, situé sur la commune de Vallière, dans le département de la Creuse. Son père, Armand Juillet (1888-1964), travaillait dans l’administration préfectorale. Les Juillet sont une vieille famille d’origine paysanne originaire du village creusois d’Ahun. La mère de Pierre, Irène-Henriette Bussière (1889-1988), était la fille d’un gendarme. Armand Juillet avait été grièvement blessé en août 1918, alors qu’il servait comme capitaine au 86ème régiment d’infanterie. Amputé de la cuisse droite, il entra par la suite dans l’administration préfectorale et travailla dans différents départements avant de devenir le directeur de cabinet du président du Conseil André Tardieu. Il éleva ses deux fils dans l’admiration du président Tardieu, dont Pierre Juillet finira même par connaître plusieurs discours par cœur. Pierre avait un frère aîné, Jacques Juillet (1918-2011), qui fera par ailleurs une brillante carrière dans la haute fonction publique.

Durant l’occupation allemande, le jeune Pierre Juillet participe activement à la Résistance. Ayant rejoint les maquis, il sera d’ailleurs blessé à l’occasion d’un affrontement avec les Allemands, ce qui lui laissera une légère claudication. A moment de la Libération, il manquera de peu de se faire exécuter par des Francs-tireurs et Partisans qui l’avaient pris pour quelqu’un d’autre. Il conservera de cet épisode fâcheux une solide méfiance à l’égard des communistes.

Diplômé en droit, il rejoint Paris où il va travailler pendant quelque temps au ministère de l’Intérieur. Mais il ne réussit pas à se faire à la vie parisienne et revient finalement s’inscrire au barreau de Limoges. C’est un jeune avocat cultivé et érudit, qui lit Cicéron et Lucrèce dans le texte, mais c’est aussi un homme solitaire et d’un abord assez froid et distant. Sa physionomie lui vaut de ne pas passer inaperçu. De petite taille, les cheveux bruns coiffés en brosse, une pipe à la bouche et une cape posée sur les épaules, il semble comme sorti d’un autre temps.

En 1947, il adhère au parti gaulliste, le Rassemblement du Peuple Français (RPF), dont il devient bientôt le responsable pour la Creuse, la Haute-Vienne et la Corrèze, avant d’être nommé chargé de mission pour tout le Sud-Ouest. En 1951, il épouse Annick Mousnier, l’une des secrétaires de Charles de Gaulle. Ensemble ils auront deux enfants. Lorsque le Général vient lui rendre personnellement visite dans la Creuse, Pierre Juillet en profite alors pour lui faire rencontrer son père, Armand Juillet. Ce sera l’occasion pour les trois hommes d’évoquer leur admiration à l’égard de la clairvoyance politique d’André Tardieu.

Lorsque le RPF est mis en sommeil en 1954, Pierre Juillet refuse de devenir le nouveau directeur de cabinet du général de Gaulle, comme le lui a demandé son camarade Georges Pompidou, car il ne veut pas être tiraillé entre deux hommes qu’il admire profondément. Il part alors s’installer à Bruxelles en tant qu’agent de presse au service de l’agence Opera Mundi, propriété de Paul Winkler, futur patron de France-Soir. La rumeur prétend aussi que, sous le nom de code « Belvédère », il aurait également travaillé comme « honorable correspondant » pour le compte du SDECE, le service de renseignement extérieur français.

. Le « père Joseph » du pompidolisme

Le retour au pouvoir du Général en mai 1958 permet à Pierre Juillet se faire son entrée dans les sphères de la haute politique. Dès le printemps ils devient le directeur de cabinet d’André Malraux, que de Gaulle a choisi pour être son ministre délégué à l’Information, André Malraux. Avec Pierre Moinot et Emile Biasini, Pierre Juillet va ensuite aider le célèbre écrivain à constituer le premier ministère des Affaires culturelles (1958-1959). Au bout d’une année, marquée par de nombreux voyages à travers le monde, il finit toutefois par se lasser de travailler aux côtés d’un homme dont il estime qu’il pérore beaucoup mais agit finalement assez peu. Il retourne alors dans le privé pour prendre la tête d’une société de taxis, la Compagnie Générales des Voitures.

Cette mise en retrait de la politique sera cependant de courte durée. En avril 1962 en effet, lorsque le général de Gaulle décide de remplacer son Premier ministre, Michel Debré, par le normalien Georges Pompidou, ce dernier décide de recruter aussitôt Pierre Juillet, dont il apprécie beaucoup l’intelligence, le bon sens et surtout l’efficacité. Il lui sera surtout redevable d’accepter de s’occuper du tout-venant de la cuisine politique, un domaine dont il a personnellement horreur. En compagnie d’Olivier Guichard, Pierre Juillet va ainsi devenir celui qui prépare les élections et gère les fonds secrets de l’UNR, le parti gaulliste. Pendant près de six années, Pompidou et Juillet vont ainsi se voir presque quotidiennement.

Et pourtant Juillet choisit volontairement de demeurer dans l’ombre. Car le Creusois est véritablement un homme du secret, un personnage d’appareil et non pas un tribun. Il n’a d’ailleurs aucune ambition ; il ne veut être ni ministre, ni député, ni président de parti politique, pas même membre d’un conseil municipal. Il préfère de loin guider, orienter et convaincre plutôt que de gouverner et d’administrer. En somme il aime avoir du pouvoir mais refuse définitivement de détenir le pouvoir. Estimant qu’il n’a pas derrière lui la légitimité que donne le suffrage des urnes, il n’accorde d’ailleurs jamais d’entretien aux journalistes, n’écrit ni livre ni article et ne se laisse pas aisément prendre en photo. Son esprit cassant, parfois méprisant, ne lui valent pas que des amitiés, loin de là.

Lorsque Georges Pompidou quitte Matignon en juin 1968, Pierre Juillet choisit de le suivre par fidélité. Ensemble, ils installent alors un véritable quartier général de campagne rue La Tour-Maubourg. A moment de la délicate affaire Markovic, Pierre Juillet fait appel à une jeune avocate, Marie-France Garaud, qu’il avait recrutée comme chargée de mission en 1967 et qui va rapidement devenir sa principale collaboratrice. Durant plus de dix ans, le couple Juillet-Garaud va devenir inséparable. Un même attachement à la ligne d’un gaullisme orthodoxe les unit. Avec âpreté, il défendent ce qu’ils estiment être les valeurs du pays profond et la souveraineté de l’Etat. Le binôme fonctionne tout de suite parfaitement et, au fil du temps, une forme de partage des tâches s’établit entre un Pierre Juillet qui fixe l’orientation à suivre et une Marie-France Garaud qui s’implique plus étroitement et plus directement dans la mise en œuvre aux côtés des autres employés de la « monarchie de Juillet » : Olivier Stirn, Jean-Philippe Lecat et Jean Charbonnel.

Lorsque Georges Pompidou est élu à la présidence de la République, Pierre Juillet prend naturellement ses quartiers au palais de l’Élysée. Promu chargé de mission du président, avec pour seule attribution officielle l’organisation des chasses présidentielles, il se retrouve placé hors de toute hiérarchie. Dans les faits, c’est lui qui tient les rênes de l’UDR et dirige la vie du parti. Il choisit les candidats, donne les consignes et dénoue les éventuels conflits. Il entretient donc une relation étroite et directe avec le chef de l’Etat et n’a même pas besoin de passer par le sécrétaire général de l’Élysée, Michel Jobert, ni par sa directrice de cabinet, Anne-Marie Dupuy, lorsqu’il veut rencontrer le président. Pierre Juillet possède ses propres réseaux, ses propres sources d’informations et ses propres relais, qu’il utilise en dehors de tout cadre légal. Parmi eux, on retrouve notamment le très influent Georges Albertini, un ancien ancien proche de Marcel Déat devenu dans les années 50 l’un des grands spécialistes de la lutte anti-communiste. Influent dans les milieux maçonniques, Albertini deviendra ainsi l’un des plus fidèles soutiens de Pierre Juillet.

Du fait de cette influence qu’ils ont, ou que les journalistes leur prêtent, Juillet et Garaud sont bientôt surnommés les « conseillers de la nuit » ou encore le « couple infernal ». En réalité, le président Georges Pompidou n’aura jamais été sous l’influence de quiconque et restera toujours parfaitement maître de ses décisions. Si le chef de l’Etat écoute certes avec un grand intérêt les conseils du couple Juillet-Garaud et lui donne parfois raison, il suit aussi très souvent la tendance plus réformiste, emmenée par ses deux autres conseillers que sont Edouard Balladur et Michel Jobert.

Dès son arrivée à l’Élysée, Pierre Juillet a pris en grippe le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas, dont il n’apprécie ni le progressisme échevelé ni la façon de faire de la politique à coup d’alliances et de combinaisons parlementaires. Chaban-Delmas, assisté de Jacques Delors et Simon Nora, défend par ailleurs le projet d’une « société ouverte », qui serait plus libérale, tant sur le plan des mœurs que sur celui de l’économie. Bref, il incarne tout ce qui insupporte au plus haut point Pierre Juillet. Ce dernier lui reprochera vivement d’avoir nommé en septembre 1969 à la tête de l’ORTF Pierre Desgraupes, un homme pourtant bien connu pour ses convictions de gauche. En avril 1972, Pierre Juillet, qui s’est dit personnellement opposé au référendum sur l’élargissement de la CEE et qui a été désavoué sur ce point par Pompidou, décide de quitter l’Elysée pour repartir sur ses terres natales. C’est là en effet qu’il vient périodiquement de ressourcer. Chaussant ses bottes et enfilant son pardessus, il aime à deviser avec les paysans sur le cours de la viande de mouton, dont il fait d’ailleurs lui-même de l’élevage dans sa gentilhommière. Après l’échec relatif du vote, marqué par une forte abstention, le président Pompidou lui demande de revenir aux affaires, ce qu’il accepte à une seule condition, le départ de Chaban-Delmas. Celui-ci se produit effectivement le 5 juillet 1972 et c’est alors un gaulliste historique, Pierre Messmer, qui est nommé à Matignon. Georges Pompidou et Pierre Juillet composeront ensemble le nouveau gouvernement sans même que Messmer ait eu son mot à dire.

Après un second départ en avril 1973, en raison d’une énième fâcherie, Pierre Juillet revient de nouveau à l’Élysée à l’automne suivant, au moment où l’état de santé du président Pompidou commence à s’aggraver sérieusement. Pendant plusieurs mois, le conseiller fait tout pour que cette information demeure un secret d’Etat et interdit même aux télévisions de réaliser des gros plans sur le visage du président. Mais le mal est incurable et le décès se produit finalement le 2 avril 1974.

Décidé à s’opposer par tous les moyens à la candidature de Jacques Chaban-Delmas à la présidence de la République, Pierre Juillet se retourne alors vers celui qui passe pour être l’un des responsables politiques les plus prometteurs de sa génération, Jacques Chirac. Depuis plusieurs années déjà, Juillet et Garaud ont jeté leur dévolu sur ce jeune homme en qui ils veulent voir celui qui pourra incarner le renouveau du gaullisme. En 1967, Juillet l’a envoyé en Corrèze où Chirac, grâce notamment à l’aide financière de Marcel Dassault, va réussir à se tailler un fief électoral au détriment de la gauche. La petite histoire raconte par ailleurs que Garaud et Chirac étaient devenus très proches, et peut être même amants. Après le secrétariat d’Etat à l’Emploi, Chirac va successivement détenir le poste du Budget, celui des Relations avec le Parlement et celui de l’Agriculture. Enfin, le 27 février 1974, Juillet et Garaud réussissent à convaincre Pompidou de faire de Chirac le nouveau ministre de l’Intérieur en remplacement de Raymond Marcellin. Alors que la campagne présidentielle fait rage, Pierre Juillet enjoint Chirac à soutenir la candidature du centriste Valéry Giscard d’Estaing et à lancer le fameux « appel des 43 ».

. L’inventeur du chiraquisme

L’opération est un beau succès puisque Chaban-Delmas n’arrive qu’à la troisième place derrière le futur vainqueur, Valéry Giscard d’Estaing et le candidat de l’Union de la gauche, François Mitterrand. Une fois élu, Valéry Giscard d’Estaing remercie l’équipe de Juillet en nommant Jacques Chirac à Matignon (27 mai 1974).

Pierre Juillet entreprend alors de sécuriser la conquête de l’UDR par Chirac. Avec l’aide du « clan des Corses » (René Tomasini, Alexandre Sanguinetti, Charles Pasqua), et malgré l’opposition des barons du gaullisme, qui lui reprochent d’avoir « trahi » Chaban, il parvient effectivement à faire élire Chirac à la tête de l’UDR en décembre 1974. A cette époque, l’influence du couple Juillet-Garaud sur Jacques Chirac est immense : ils viennent le voir presque chaque soir à Matignon pour l’éclaircir sur tel ou tel point, l’engager à prendre telle ou telle mesure, mener telle ou telle action. Tout en faisant son éducation politique, ils le téléguident pour ainsi dire.

Mais Giscard et Chirac, alliés de circonstances, ne tardent pas à entrer en conflit. Condescendant, le président traite son chef de gouvernement comme un vulgaire laquais et préfère gérer les affaires importantes avec son fidèle Michel Poniatowski, qu’il a nommé au ministère de l’Intérieur. Le 25 août 1976, c’est encore Juillet qui organise la rupture entre les deux hommes. Chirac quitte Matignon avec fracas pour « reprendre son indépendance » et préparer les futures présidentielles.

Dès lors, le nouvel objectif de Juillet sera de rassembler tous les gaullistes de gauche comme de droite au sein d’un seul nouveau et grand parti. Avec l’aide notamment de Charles Pasqua et d’Yves Guéna, il dissout l’UDR et fonde, le 5 décembre 1976, le « Rassemblement pour la République » (RPR). En janvier 1977, Pierre Juillet pousse Chirac à se présenter à l’élection municipale qui doit permettre d’élire le premier maire de Paris. Face au candidat de Giscard, le centriste Michel d’Ornano, cette initiative est perçue comme une attaque directe contre l’exécutif. Après un premier tour qui voit arriver en tête l’Union de la gauche, Chirac triomphe le 20 mars 1977. Alors qu’il voit s’approcher l’élection présidentielle de 1981, Pierre Juillet est persuadé d’être à nouveau aux portes du pouvoir.

Mais Jacques Chirac supporte de plus en plus difficilement la lourde tutelle du couple Juillet-Garaud. Ces derniers cherchent à le faire passer pour un homme d’ordre, un anticommuniste résolu, un patriote souverainiste et conservateur, alors que cela heurte en réalité sa nature profonde, qui en réalité est plutôt celle d’un radical-socialiste. En novembre 1978, Jacques Chirac est victime d’un grave accident de la route et se retrouve hospitalisé pendant plusieurs semaines à l’hôpital Cochin. Le 6 décembre 1978, dans le cadre de la pré-campagne des premières élections européennes au suffrage universel, Pierre Juillet engage Jacques Chirac à signer « l’appel de Cochin », texte très droitier qui assimile littéralement la construction européenne à l’invasion allemande de 1940. Cet abus de langage provoque une onde de choc au RPR, où beaucoup s’emportent ouvertement contre Juillet et Garaud, dont les positions semblent manifestement aller contre le sens de l’histoire. Le 7 juin 1979, l’échec cinglant du RPR aux européennes intervient comme une confirmation de ce point de vue. Le 10 juin, Chirac, poussé par sa femme Bernadette et par ses adjoints Jérôme Monod et Charles Pasqua, rompt définitivement avec Juillet et Garaud.

Alors que Marie-France Garaud décide de se lancer seule dans la course au pouvoir – elle fera 1,38% au premier tour de la présidentielle d’avril 1981 -Pierre Juillet préfère quant à lui se retirer définitivement du monde politique. Refusant les offres successives de Giscard, de Mitterrand et de Raymond Barre, il refusera toujours de reprendre du métier1. Installé dans son village natal de la Creuse, il ne sortira de son silence médiatique que lorsqu’il estimera que l’héritage du général de Gaulle ou l’honneur de la France sont en jeu. En 1994, dans une tribune publiée dans Le Monde, il s’insurgera ainsi contre la guerre fratricide à laquelle se livrent balladuriens et chiraquiens. En 1997, à l’occasion du procès Papon, il reprochera à Jacques Chirac d’avoir osé prétendre que la France avait eu une part de responsabilité dans la déportation des Juifs au motif que la « folie criminelle de l’occupant […] avait été secondée par l’Etat français ».

Pierre Juillet est mort très discrètement à Puy Judeau, le 23 décembre 1999, à l’âge de soixante-dix-huit ans, emportant avec lui de nombreux secrets. Il était l’oncle et le parrain d’Alain Juillet (1942), qui au terme d’une longue carrière dans les services spéciaux a dirigé plusieurs sociétés.

. Sources :

. Dive, Bruno : « Juillet Pierre – (1921-1999)  », in Encyclopædia Universalis (en ligne)

. Giesbert, Franz-Olivier : Chirac, une vie, Flammarion, 2014.

. Notes :

1 Étonnamment, son vieil ennemi le président Giscard d’Estaing lui demandera de rédiger son fameux discours d’adieu du 19 mai 1981, celui qui se termine par le fameux « au revoir », ce que Juillet acceptera. Il lui demandera également de le rejoindre comme conseiller politique mais là Juillet refusera, ayant compris qu’un homme aussi sûr de lui et imbu de sa personne refusera toujours que l’on fasse preuve d’une quelconque franchise à son égard.

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